Paul Marchand, reporter de guerre, a rendu les armes

Paul Marchand n'avait qu'une trentaine d'années à l'époque de ces conflits, et déjà une longue carrière, puisque il avait été correspondant de guerre pour plusieurs radios a Beyrouth, à la fin des années 80.

Comme beaucoup de jeune reporters indépendants, il était ensuite parti pour Sarajevo en Bosnie, où la guerre venait d'éclater..Ce qui frappait chez lui, c'était son côté tête brûlée. Il roulait dans une voiture non blindée, sur laquelle il avait écrit: "Ne tirez pas, ne gaspillez pas vos balles, je suis immortel".

Et il traversait régulièrement la ligne de front, en écoutant du rock à fond la caisse, pour passer du côté serbe et chercher du ravitaillement pour ses collègues journalistes, mais aussi pour les habitants de Sarajevo assiégée depuis des mois. On peut dire que plusieurs familles bosniaques ont survécu grâce à lui.

C'était un homme au coeur d'or, sous un vernis cynique. Et puis il y a eu l'accident, le bras arraché par un sniper. Paul Marchand a quitté le grand reportage, et s'est lancé dans la littérature. Des livres très sombres, tourmentés, qui trahissaient sa profonde amertume. Il a donc choisi de quitter la vie, après l'avoir vécue à du 300 à l'heure.

(Françoise Wallemacq)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK