Patrouilleur sur les autoroutes françaises : un métier à risques

Cette année, crise sanitaire oblige, la France et la voiture ont la cote auprès des vacanciers belges. Ils sont nombreux à préférer l'automobile à l'avion et à délaisser les destinations lointaines pour la France toute proche. Sur les autoroutes françaises, ces vacanciers croiseront peut-être les camionnettes blanches des patrouilleurs. Un métier peu connu, dangereux, mais essentiel pour la sécurité des automobilistes. Nous avons suivi un de ces patrouilleurs sur l'autoroute A 26.

En patrouille sur l'A26

On l'appelle l'autoroute des Anglais. Mais sur l'A 26 qui part de Calais pour rejoindre Troyes, les voitures belges sont nombreuses en ce vendredi classé orange dans le sens des départs. Sur l'aire de Reims - Champagne Sud, nous rencontrons quelques automobilistes belges plutôt heureux de l'état des autoroutes françaises : " Par rapport à la Belgique, c'est différent, c'est quand même mieux", estiment ces touristes flamands. Mais la grande différence avec la Belgique, c'est que les autoroutes françaises sont payantes. Ici, le réseau long de 360 kilomètres est géré par la Sanef. Cette société privée a dans ses attributions la perception du péage, l'entretien et la propreté des aires d'autoroutes. Mais surtout elle vous permet de voyager en toute sécurité grâce à ses patrouilles effectuées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Nous accompagnons Eddy Klatt, dans sa tournée du matin. Comme tous les jours où il est en service, il va faire environ 300 kilomètres, l'œil à l'affût pour détecter le moindre problème :" On intervient en cas d'accident, de panne, d'objets sur la chaussée. On ramasse beaucoup de déchets de pneus sur l'autoroute, des morceaux de bois. Et tout ce que perdent les gens ". Et aussi surprenant que cela puisse paraître, les gens perdent régulièrement sur l'autoroute des vêtements et des chaussures… Autant d'objets qui peuvent gêner la circulation et du coup s'avérer dangereux pour l'automobiliste.

Dans ces cas-là, le patrouilleur intervient et va chercher ces déchets, où qu'ils se trouvent. Il lui arrive donc régulièrement de devoir traverser l'autoroute pour atteindre la bande de gauche. C'est une opération dangereuse et il faut la réaliser sans la moindre précipitation : " On traverse toujours en marchant et en regardant bien dans la direction des véhicules qui arrivent. C'est toujours en marchant et en ligne droite. Il faut attendre qu'il y ait un bon trou. " Et parfois, le patrouilleur doit patienter une bonne quinzaine de minutes. Jamais un patrouilleur ne traversera l'autoroute avant que les automobilistes ne soient avertis de cette opération. Pascal Contremoulins est responsable de la sécurité routière à la Sanef : " S'il y a un objet à ramasser sur les voies de circulation, le patrouilleur n'interviendra que lorsque l'information est donnée aux conducteurs par le biais des panneaux à message variable, ce sont les panneaux lumineux sous lesquels on passe, et de la radio qui donne l'information aux conducteurs, comme quoi le patrouilleur va intervenir pour ramasser cet objet."

Justement, Eddy Klatt vient d'être appelé : un accident s'est produit à un péage. Il faut aller sur place. Pour arriver sur le lieu de l'accident, il faudra faire demi-tour à hauteur du péage : " C'est très délicat. Il faut gérer les gens qui arrivent de gauche et ceux qui arrivent de droite. Et ils arrivent assez vite. " Puis il prend des nouvelles des passagers, s'enquiert de l'arrivée du dépanneur. Enfin, il sort son matériel et commence à déblayer les débris dus à l'accident. Par "chance", l'accrochage entre une voiture et un camion a eu lieu sur la bande située tout à fait à droite : " Aujourd'hui, j'ai de la chance car j'ai un collègue avec moi qui peut surveiller ce qui arrive, le temps que je balaie. Mais c'est sûr que quand on est tout seul, c'est plus compliqué de balayer et de surveiller la circulation en même temps. "

Un métier dangereux

Même si toutes les mesures de sécurité sont prises, c'est un métier dangereux. La veille de notre reportage, un patrouilleur a eu un accident, heureusement sans gravité. Il effectuait une manœuvre pour se placer sur la bande d'arrêt d'urgence, son panneau d'avertissement allumé. Deux camions sont arrivés : le premier l'a vu, mais le second suivait de très près. Pour éviter l'accident, le patrouilleur a donné un coup de volant et a accroché les glissières. L'année dernière, 146 accident impliquaient des agents en intervention. Régulièrement, la Sanef fait des campagnes pour rappeler aux automobilistes de veiller à la sécurité de ses hommes en jaune. La dernière en date, sous forme de dessin animé, répète ce message : " Prudence à proximité d'une intervention, anticipez, gardez vos distances et ralentissez".

 

Et en Belgique

En Wallonie, c'est la Sofico ( société wallonne de financement complémentaire des infrastructures ) qui a dans ses missions l'entretien des routes et autoroutes. Elle dispose, elle aussi, de patrouilleurs qui peuvent intervenir en cas de débris ou objets encombrants sur les voies. Ces hommes ont soit repéré eux-mêmes le problème soit l'information leur est parvenue par le centre Perex que les automobilistes peuvent contacter au numéro 0800 48 400. La société aussi fait des campagnes de sensibilisation. La dernière a été réalisée en mars dernier. On peut, notamment, y entendre le témoignage de Daniel, 61 ans, patrouilleur depuis 25 ans : " En 25 ans, j'ai eu 5 accidents. Le plus souvent, j'étais dans le camion absorbeur de chocs. Et ça, je peux vous dire que ça secoue. Vous êtes à l'arrêt pour signaler un chantier et un chauffeur distrait, en pleine vitesse, vous rentre dedans. Avec le choc, j'ai déjà perdu connaissance une fois. "

Alors, cet été, que vous circuliez en France ou en Belgique, faites attention à ces hommes en jaune. Ils sont là pour votre sécurité. 

 

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