Passer à la moto: une parade aux embouteillages fiscalement intéressante

Ce dimanche se clôture le Salon de l’Automobile au Heysel… Cette édition a encore fait une part belle aux motos avec pas moins de 540 modèles différents. Autre preuve du succès grandissant de la moto : le nombre de permis délivrés en 2019 a atteint des records avec 24.000 permis motos, toutes catégories confondues, soit une augmentation de 70% depuis dix ans.

Selon Virginia Li Puma, responsable communication autosécurité, ce succès s’explique par un double facteur. “Le permis moto est une catégorie ludique : les gens prennent plaisir à faire de la moto”. On retrouve ici cette idée de liberté tant recherchée par les motards. “Mais c’est aussi une question de mobilité : circuler à moto plutôt qu’en voiture permet d’éviter le trafic.”

Jean-Christophe Willems est journaliste à la RTBF et couvre depuis plusieurs années le Salon de l’Auto. Il est aussi un grand amateur de motos. “J’ai mon permis moto depuis 1996. La moto a toujours été une grande passion. Quand j’étais jeune, je m’étais toujours dit que j’achèterais une moto d’occasion avec mon premier salaire.

La moto pour une mobilité plus fluide…

Finie l’attente interminable dans des embouteillages : la moto permet de se faufiler avec agilité entre les voitures et de réduire considérablement le temps de son trajet. “J’habite entre Bruxelles et Namur. La semaine dernière où j’ai pris la voiture, il m’a fallu près d’1h20 pour rejoindre la capitale à cause des embouteillages. À moto, j’aurais mis à peine une trentaine de minutes…

D’ailleurs le portail de la mobilité en Wallonie reprend une étude menée en mai 2011 par Transport & Mobility Leuven : si 10% des navetteurs se déplaçaient en deux roues, les heures perdues dans les embouteillages se réduiraient de 40%…

Cet intérêt pour une mobilité plus fluide, les constructeurs moto l’ont bien compris. “Si on regarde les modèles vendus aujourd’hui par rapport à il y a 30 ans, on voit une nette différence", explique Jean-Christophe Willems. On est passé de la mode des motos custom style Harley Davidson – qui plaisent toujours aux passionnés – à la mode des scooters, puis des maxi-scooters.” Ces derniers modèles permettent de se faufiler facilement dans la circulation urbaine dense, tout en se rendant sur les autoroutes et sur des routes périurbaines. Puis, il est toujours plus facile de se garer à moto qu’en voiture…

La moto, un moyen de transport plus écologique ?

Dans la pratique, la moto est rarement à l’arrêt et émet donc moins d’émissions de CO2 et moins de substances nocives qu’une voiture dans la circulation. Comme le temps de parcours est moindre, on pollue forcément moins.

Toutefois, les motos ont du retard sur les voitures en termes de normes antipollution, précise Jean-Christophe Willems. Les voitures sont aux normes Euro 6 depuis plusieurs années, alors que la norme Euro 5 vient seulement de passer pour les motos.”

S’ils veulent vendre des motos, les constructeurs doivent donc modifier leurs modèles pour respecter ces normes, ce qui implique un certain coût pour l’acheteur. “Tout le monde n’est pas prêt à mettre un prix plus élevé pour un véhicule moins polluant…

A ses risques et périls

Le principal problème avec la moto, c’est qu’elle reste bien plus dangereuse que la voiture pour le conducteur. “On a quand même 19 fois plus de risques de mourir en se déplaçant à moto qu’en voiture.” reconnaît Jean-Christophe Willems.

Si le comportement, le goût de la vitesse et la confiance du motard peuvent mettre en danger sa propre sécurité, il faut aussi pointer les autres automobilistes. “Dans plus de 65% des accidents impliquant une moto, les automobilistes en sont les responsables, parce qu’ils n’ont pas vu le motard. "

D’où l’importance de la visibilité. En Belgique, selon Jean-Christophe Willems, les motards en ont bien conscience : “Ils portent souvent des casques fluos ou des vareuses, ce qui n’est pas du tout le cas dans le sud de l’Europe par exemple.”

D’ailleurs, l’équipement est obligatoire dans notre pays : le motard doit avoir un casque, des manches longues, des pantalons longs, des chaussures qui protègent ses chevilles ou encore des gants. “Vous pouvez très bien avoir une amende en Belgique si vous ne portez pas de gants en conduisant votre moto.

Passer son permis, pas si facile !

Pour conduire une moto, il faut donc être visible et raisonnable ! En ce sens, le permis moto a été réformé en Belgique en 2013 en se calquant sur le modèle européen : on ne retrouve plus un seul permis, mais bien trois en fonction de l’âge et avec l’idée d’un apprentissage continu. “Ces permis ne permettent plus aujourd’hui à des jeunes de 18 ans de conduire des motos de grosses cylindrées et très puissantes.”

Concrètement, le permis A1 permet à des jeunes de 18 ans de rouler sur une moto de 125 cc. Le permis A2 – à partir de 20 ans – offre la possibilité de conduire des motos à puissance limitée. Enfin, avec le permis A – passable à partir de 24 ans ou après deux ans de permis A2 –, vous pouvez rouler avec tout type de moto. Chaque permis implique un examen pratique et des heures de moto-école.

Des avantages fiscaux non négligeables

Par ailleurs, passer son permis moto coûte assez cher. Jean-Christophe Willems a calculé qu’il était difficile de descendre sous les 700 euros – comptez plutôt 1000 euros. Et ça, sans compter l’équipement de protection obligatoire et recommandé.

Quant au prix de la moto en elle-même ? Si certains modèles peuvent atteindre des sommes importantes, d’autres ont des prix bien plus abordables. “Vous pouvez vous payer une moto neuve tout à fait convenable aux alentours de 7000-8000 euros.” Un prix évidemment très concurrentiel à côté de celui d’une voiture. “Mais il existe aussi des motos de haute gamme qui dépassent les 20.000 euros. La facture de votre moto peut aussi être gonflée en fonction des options que vous ajoutez.”

Enfin, on l’ignore souvent, mais rouler à moto représente un véritable avantage sur le plan fiscal. “La moto est fiscalement favorisée en Belgique.” Ainsi, si vous utilisez votre moto pour des trajets professionnels ou pour faire les trajets travail-domicile, tout – le véhicule, son entretien, ses accessoires, les équipements, les assurances… – est quasi entièrement déductible ! A condition d’apporter les preuves de cet usage pour des motifs professionnels…

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