Pass VisitWallonia : après les critiques, le mode de distribution pourrait être modifié

De très nombreuses personnes étaient frustrées ce lundi matin car elles n’ont pu obtenir l’un des 20.000 pass d’une valeur de 80 euros offerts ce mois-ci par l’Office du Tourisme Wallon : tout a été épuisé en 18 minutes seulement. Cette frustration a notamment été exprimée sur la page Facebook RTBFInfo : le serveur par lequel les internautes pouvaient demander un pass a été inaccessible, certains dénonçant une "arnaque". Mais c’est surtout la méthode utilisée qui est dénoncée : "manque de transparence" sur la date et l’heure à laquelle la demande pouvait être faite : "Le 5 octobre pour moi c’était à minuit… pour finir par mettre en ligne à 6 heures ??? Ça n’a aucune logique. Enfin encore une organisation bien belge".

De son côté, le directeur général adjoint de Wallonie Belgique Tourisme Pierre Coenegrachts déclare à l’agence Belga : "Nous avons fait mieux que Tomorrowland. Tous les pass disponibles ce lundi sont partis en moins d’une demi-heure. Nous avons fait 20.000 heureux. Évidemment, il y a aussi des gens déçus", qui pourront retenter leur chance le 1er novembre prochain, quand 20.000 nouveaux pass seront distribués. Il rappelle que le but poursuivi par cette action était de distribuer 5 millions d’euros débloqués par les autorités régionales "dans les caisses des opérateurs touristiques wallons, tout en faisant plaisir à la population. Avec les pass écoulés ce lundi, 1,6 million va déjà s’y retrouver".

Une loterie

D’autres Belges regrettent que la méthode ressemble à une "loterie et ça ce n’est pas normal. Ou c’est pour tout le monde ou ce n’est pour personne, sans compter les plus âgés qui n’ont pas internet". "Pourquoi pas plus de pass d’une valeur moins importante pour satisfaire plus de monde ?" demande une internaute, "pourquoi ne pas en offrir d’abord aux familles précarisées ?" suggère une autre. "C’est quand même fou : avec 3,644 millions d’habitants en Wallonie mettre seulement 20.000 pass disponibles ! Je trouve cela scandaleux. Encore plus pour les personnes qui n’ont pas internet et qui n’ont pas la chance vu qui doivent attendre 8h00 pour téléphoner !", commente un troisième.


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En réponse à ces critiques, Pierre Coenegrachts annonce que la formule de distribution pourrait évoluer : "Nous sommes en train d’y réfléchir". Un quota de pass pourrait notamment être réservé aux gens qui ne disposent pas d’internet et qui pourraient alors tenter leur chance par téléphone.

Hello Belgium

D'autres actions annoncées par les autorités afin de répondre aux problèmes causés par la pandémie ont connu des retards de mise en œuvre ou des maladresses de communication. Début juin, le "superkern" annonce que, parmi diverses mesures de relance, un Rail Pass gratuit de 10 voyages serait disponible gratuitement dès le 1er juillet pour tous les résidents belges de plus de 12 ans. Dès le 7 juin, la patronne de la SNCB Sophie Dutordoir se plaint de ne pas avoir été consultée préalablement à cette annonce.

Elle s’interroge en effet sur la sécurité sanitaire des voyageurs et du personnel, ainsi que sur les aspects logistiques et financiers de l’action. Après plusieurs reports de la mise en œuvre du Rail Pass, et après concertation entre le ministre de la Mobilité et la SNCB, les modalités définitives sont arrêtées : le pass est et est mis à disposition de tout résident en Belgique de plus de 12 ans qui en fait la demande jusqu’au 30 septembre. Il comprend 12 trajets et est utilisable sur une période de 6 mois, au rythme de 2 trajets par mois (à partir de 9h en semaine et sans limitation horaire le week-end), entre le 5 octobre 2020 et le 31 mars 2021. Il est nominatif, non-cessible et non-partageable. Près de 3,6 millions de Rail Pass "Hello Belgium" ont été distribués en tout, selon la SNCB.

Chèque consommation

Le "super-kern" début juin annonce aussi l'instauration d'un chèque à la consommation d'une valeur de 300 euros maximum, qui pourrait être utilisé pour payer dans les établissements horeca ou pour des activités culturelles. Après analyse, il s'avère que cette mesure est avant tout symbolique : ce chèque est à charge des employeurs, sur base volontaire. Mais le gouvernement intervient au niveau fiscal : ces chèques sont défiscalisés à 100%. L'octroi de ce chèque "n'aura pas beaucoup d'impact" sur une relance de la consommation, selon l'économiste Etienne de Callataÿ : "Il coûte relativement cher aux entreprise, alors que bon nombre des personnes qui en bénéficieraient auraient de toute façon été au restaurant. Au lieu de payer avec de l’argent liquide, ils payeront avec ces chèques et réserveront leurs paiements en cash à d’autres achats".

Il faudra attendre plusieurs mois pour qu'une législation clarifie les modalités de mise en œuvre de ce chèque consommation "corona". Depuis le 17 juillet 2020, les entreprises de n'importe quel secteur peuvent en donner à leurs employés. Mais ces chèques ne peuvent pas remplacer une rémunération, passible ou non de cotisation de sécurité sociale. Il faut préalablement une convention (collective ou individuelle) de travail, et le chèque doit être délivré au nom du travailleur. Il peut être émis jusqu'au 31 décembre 202 et sa validité est limitée au 7 juin 2021.

Il peut être utilisé

  • dans les établissements horeca et chez les détaillants qui ont été fermés pendant plus d'un mois qui remplissent certaines conditions,
  • dans les établissements culturels reconnus, agréés ou subventionnés,
  • dans des associations sportives reconnues ou subventionnées.

Le montant maximum est limité à 300 euros par travailleur. Ce chèque peut être électronique ou au format papier.

Une enquête réalisée mi-juillet par Acerta révélait que seulement 11% des entreprises interrogées étaient favorables à l'idée d'offrir un chèque consommation à leurs travailleurs. Les raisons invoquées sont : un budget insuffisant et le fait que d'autres types de chèques sont déjà alloués. D'autre part, 25% des entreprises interrogées se donnaient jusqu'à la fin de cette année pour se décider.

La firme "Cafés Liégeois" a décidé d'octroyer des chèques consommation "corona" à ses travailleurs, comme l'explique l'émission "On n'est pas des Pigeons", ce qui lui coûtera 39.000 euros avant déduction fiscale. Les 300 euros sont répartis en chèques papier d'une valeur de 10 euros.

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