Pass sanitaire obligatoire : ces Français qui traversent la frontière pour l’éviter

À une vingtaine de kilomètres de la frontière, la ville de Mons est devenue, pour certains ressortissants français le nouvel eldorado des loisirs et de la culture. Du côté français, il n’est plus possible de se rendre dans les espaces culturels et de loisirs qui accueillent plus de 50 personnes, sans le pass sanitaire. Plus question de se rendre au musée ou au cinéma sans preuve de ne pas être porteur du coronavirus. Une décision qui a suscité chez de nombreux Français un profond rejet. Les dernières manifestations ont rassemblé près de 200.000 personnes dans la métropole. Et la validation d’une grande partie du pass sanitaire par le Conseil constitutionnel aujourd’hui pourrait engendrer une encore plus forte opposition.


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À trente kilomètres de la liberté

Si certains manifestent dans les rues de France pour refuser le pass sanitaire. D’autres, ceux qui habitent non loin de la frontière avec la Belgique, ont trouvé une toute autre solution. Les transfrontaliers ont la possibilité de passer la frontière franco-belge sans avoir à présenter une preuve de vaccination, de rétablissement ou un test PCR négatif (tant qu’ils restent moins de 48 heures dans le pays voisin). Alors, certains de ces Français ont décidé de profiter de ce statut particulier pour jouir des espaces culturels et de loisirs dans notre pays.

Aurélie : "Je profite de mon statut de frontalière"

C’est notamment le cas d’Aurélie, rencontrée au cinéma Imagix de Mons. Elle vient de Condé-sur-l’Escaut et avec sa famille, elle a décidé de passer la frontière pour aller voir Old, le nouveau film de M. Night Shyamalan, à plus de 33 kilomètres de chez elle. "Moi, j’ai une fille de douze ans et je ne souhaite pas la vacciner donc je profite de mon statut de frontalière pour profiter des activités et des loisirs en Belgique". D’après elle, la mise en place du Pass sanitaire représente une restriction de ses libertés individuelles.

À la piscine du Grand-Large, d’autres familles françaises viennent s’amuser dans les différents bassins et toboggans, sans avoir à se soucier du pass sanitaire. Dans les couloirs des cabines, nous rencontrons cette maman et de ses deux enfants, qui vivent à Quiévrechain. "C’est plus facile, on peut faire plus d’activités en Belgique ", explique-t-elle. Cette famille venait déjà régulièrement en Belgique, mais depuis l’instauration du Pass sanitaire, elle n’a plus eu le choix. "Le seul moyen d’être libre c’est de venir en Belgique", ajoute-t-elle.

Damien : "Mis devant le fait accompli"

Sur le parking, des voitures vont et viennent. Les quelques véhicules immatriculés en France ne passent pas inaperçus. Damien, venu de Maubeuge avec ses deux enfants, finit de se garer. D’après lui, les choses ont surtout été mal faites, "je ne suis pas anti-vaccin ou quoique ce soit mais sur la méthode qui a été utilisée, ce pass qui a été mis en place sans qu’on puisse se retourner… On a été mis devant le fait accompli". C’est à ces méthodes qu’il s’oppose, et il considère que c’est aussi l’avis de nombreux autres Français.

Pas d’augmentation particulière

Pourtant, d’après Éric Rousseau, directeur de la piscine du Grand-Large, on ne peut pas dire que l’instauration du pass sanitaire ait entraîné une vague de ces déplacements transfrontaliers. "On a entre 25 et 30% de clients Français habituels mais on n’a pas spécialement constaté d’augmentation dans la fréquentation." En effet, tous les clients français de la piscine ne sont pas non plus opposés au pass sanitaire. Certains ne se sentent même parfois pas concernés par cette question, parce qu’ils sont déjà vaccinés.

Sébastien : "On est venus pour la piscine"

C’est le cas de Sébastien, aussi venu de Maubeuge, mais pour une question pratique. "On est venus pour la piscine du Grand-Large parce qu’elle est bien aménagée et qu’elle est chaude. Et on a des filles qui sont un peu frileuses", et sa fille qui ajoute, le sourire aux lèvres : "Et ça fait longtemps qu’on n’y est pas allés !".

Pour l’instant donc, l’impact du pass sanitaire sur la fréquentation des Français de ces lieux de loisirs belges semble encore faible.


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Dès lundi prochain, le Pass sanitaire sera étendu aux cafés, restaurants et foires et à toutes les personnes de plus de 18 ans. Les jeunes entre douze et 17 ans en sont exemptés jusqu’au 30 septembre.

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