Pas de viande, pas d'œuf, pas de lait... Le régime végan est-il adapté aux bébés?

Un bébé végan pour Harry et Meghan?
Un bébé végan pour Harry et Meghan? - © BEN STANSALL - AFP

Les tabloïds britanniques attendent avec impatience la naissance du premier enfant du prince Harry et de son épouse Meghan. Et selon eux, le couple princier souhaiterait que le bébé soit végan, ce qui irriterait la reine d’Angleterre.

►► À lire aussi : Les médecins contre le véganisme pour les enfants

Des bébés végans, cela devient de plus en plus courant. Ne rentre donc dans leur alimentation aucun produit d’origine animale : pas de viande, pas d’œuf, pas de lait. Ce qui soulève pas mal de questions.

Végan dès la naissance

Au menu de la petite Gaea, une purée de légumes. Rien de bien particulier de prime abord. Sauf que la petite fille de six mois est végane. Pour que son alimentation soit équilibrée, sa maman compte beaucoup sur les huiles végétales : « Aujourd’hui, elle mange de la purée de carottes et de pommes de terre agrémentée d’huile de lin pour les oméga 3. Moi, je change les huiles tous les jours, car chaque huile apporte des nutriments différents ».

►► À lire aussi : Produits vegan : pas toujours très sains

Si la maman de Gaea, Yulia Stepanenkova, s’y connaît aussi bien, c’est parce qu’elle est diététicienne. Et pour elle, pas de doute, il n’y a aucun problème à ce qu’un bébé soit végan, du moment que ses parents sont bien informés. A part cela, elle estime qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un suivi différent de celui d’un bébé omnivore : « Il n’est pas nécessaire d’avoir plus de consultations que pour un omnivore. Il ne faut pas non plus davantage d’examens médicaux ».

Quel suivi médical ?

Sur le suivi médical justement, tous les diététiciens ne sont pas du même avis que la maman de Gaea. Charlotte Nicolas a étudié cette question pour le club européen des diététiciens qui s’inquiétait de voir une hausse du nombre d’enfants végans : « Ça nécessite une surveillance très rapprochée au niveau nutritionnel. Pour être sûr que l’enfant consomme suffisamment de tel ou tel nutriment, il faut que le médecin prescrive des prises de sang régulières, que le diététicien calcule précisément les apports pour voir si l’alimentation répond bien aux besoins ».

Charlotte Nicolas insiste aussi sur la prise de la vitamine B12 qui doit compenser les carences en protéines animales. Et cela même dès la grossesse. Sans cela, les conséquences sur le développement du système nerveux peuvent être importantes.

L’avis de l’ONE

A l’Office de la Naissance et de l’Enfance, on confirme aussi avoir de plus en plus de demandes venant de parents végans. Ce qui n’est pas sans poser certains problèmes aux milieux d’accueil. Nathalie Claes, diététicienne à l’ONE, insiste sur une règle primordiale : la crèche doit offrir des conditions de vie saines aux enfants.

L’alimentation en fait évidemment partie : « Certains aliments qui ne sont pas appropriés ne pourront pas être donnés en milieu d’accueil, explique Nathalie Claes. En principe, les enfants doivent consommer une certaine quantité de lait dans la journée. Un enfant de moins d’un an va devoir recevoir soit du lait maternel soit un substitut de lait maternel mais qui sera adapté ».

Et certains laits végétaux ne conviennent pas aux nourrissons. Il est donc important que les parents soient bien informés, que les enfants soient bien suivis. Devenir végan, quel que soit l’âge, ne s’improvise certainement pas.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK