Pas de Saint-V dans les rues : "C'est l'occasion de repenser la prochaine édition"

Pas de Saint-V dans les rues: "C'est l'occasion de repenser la prochaine édition"
Pas de Saint-V dans les rues: "C'est l'occasion de repenser la prochaine édition" - © Tous droits réservés

Aujourd’hui, c’est le jour de la Saint-Verhaegen, fête estudiantine de l’ULB. Pas de cortège dans les rues, place à une édition virtuelle. Éric Corijn, philosophe de la culture, sociologue et professeur à la VUB, analyse l'impact de ce type d'événement sur notre société.

"La tradition et le folklore créent des liens très forts pour les participants, parce que non seulement ils se rencontrent dans une routine établie, mais en même temps ils se lient avec une histoire et s’inscrivent donc dans un lien social qui dépasse le moment même", constate Éric Corijn, "si on ne peut pas participer, on a une frustration et notre moral est maintenant atteint dans ce confinement."

Toute la société représentée ?

Selon le professeur, l’image que la Saint-V renvoie n’inclut pas nécessairement la société actuelle dans son ensemble: "On la regarde de l’extérieur un peu comme spectateur, et parfois pas toujours avec sympathie. Je ne sais pas si tous les Bruxellois sont très contents quand le cortège Saint-V passe avec des étudiants qui ont trop bu et qui jettent de la farine partout..."


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L'édition de cette année n'aura pas lieu dans les rues de Bruxelles et, selon le professeur, c'est justement l'occasion de se poser et de réfléchir à la manière de célébrer cet événement qui remonte à la fin du 19e siècle : "Le fait de devoir arrêter une fois pour toutes le rituel est une occasion pour nous tous d’un reset, de penser comment redémarrer l’année prochaine."

Attachement au folklore

Comment se fait-il que ce folklore connaisse autant de succès depuis si longtemps? Eric Corijn répond: "Les êtres humains sont attachés à la répétition, à ce qui est connu, à ce qui revient." Mais pour le sociologue, il faut quand même nuancer la notion d’attachement: "Nous sommes attachés comme les croyants sont attachés à leur messe, mais les musulmans sont attachés à d’autres rituels. La caractéristique de la société actuelle est qu’elle est multiple, qu’elle est multiculturelle, multi-religieuse, et que les attachements sont donc différents, et surtout dans ces rituels qui forment un groupe et qui se concentrent autour d’un noyau commun."

Eric Corijn estime que le défi des prochaines éditions est de voir comment faire une société ensemble, comment créer des ponts entre les communautés: "Les rituels forts regroupent les participants, mais il y a aussi des non-participants. Et faire une société, c’est justement faire une ville, faire une société ou faire un pays ensemble, avec tout le monde. L’enjeu est donc aussi de ne pas trop fermer les pratiques de groupes pour ne pas exclure éternellement l’autre."

Cortège de la Saint-V des étudiants de l'ULB: archives JT du 20/11/2017

Journal télévisé de 19h30 le 20/11 :

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