Parti de Vilvorde pour rejoindre l'EI en Syrie, il veut revenir en Belgique: "J'ai été tellement bête"

Quel sort réserver aux djihadistes étrangers détenus en Syrie ? Un représentant des autorités kurdes de Syrie était en Belgique cette semaine. Il réclame l’aide de la communauté internationale pour gérer ces combattants. Il y a des Belges parmi eux, dont Hamza Ahmed. L'homme est en prison pour terrorisme depuis plusieurs mois. Aujourd'hui, il veut rentrer en Belgique avec sa femme et ses enfants. 

Avant son arrestation, Hamza Ahmed faisait partie du groupe terroriste Etat islamique. Un choix qu'il dit regretter à présent face au journaliste Charles Empatz et au cameraman Gaspard Thierry Karoglan. "Quand tu as l'idéologie, à ce moment-là tu te dis qu'il faut continuer par cette route-là, raconte-t-il. Après, quand tu commences à réfléchir, des innocents ont été tués à Paris et à Bruxelles. Puis tu te dis : 'J'ai été tellement bête.'"

Ce jeune homme est parti de Vilvorde pour rejoindre la Syrie en 2013. Un départ qu’il explique par des mauvais contacts, avec un groupe radical, et par de bonnes intentions pour la Syrie. "Il y avait beaucoup de vidéos de la Syrie sur YouTube sur comment Bachar (el-Assad, le président de la Syrie) bombarde les civils."

"Forcé d'aller au combat"

Quel rôle exact a-t-il joué sur place ? Impossible de le vérifier. Il affirme ne pas avoir de sang sur les mains alors que certains auraient été forcé de se battre. "Il y avait une police militaire qui mettait en prison et envoyait au front par la force. Tu es forcé d'aller au combat", assure-t-il.

Comme d'autres, Hamza Ahmed veut maintenant revenir en Belgique, avec sa femme et ses deux enfants. Sa ligne de défense est donc établie. Il déclare coopérer avec les services de renseignements. Il dit aussi qu'il fait tout pour prendre ses distances avec le groupe terroriste Etat islamique envers lequel il éprouve "de la haine". Et d'ajouter : "J'ai une haine contre moi-même, comment j'ai pu être bête (pour être) dans les rangs de Daech ?"

Une quinzaine de djihadistes Belges seraient actuellement en prison en Syrie. Leur famille se trouvent dans des camps de réfugiés.

Que faire des combattants étrangers ?

La plupart des combattants étrangers, comme on les appelle, sont sous le coup de mandats d'arrêt internationaux. Début septembre, Johan Delmulle, le procureur général de Bruxelles,  émettait des doutes sur l'application systématique de ces mandats par le monde judiciaire. "Le ministère public doit également prendre position sur le retour éventuel de ces combattants terroristes étrangers en Belgique", avait-il déclaré.

Concrètement, le procureur général envisage une évaluation pour chaque cas individuel, qui pourrait être réalisée par l'OCAM (l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace). Il se baserait sur ses propres informations, celles du SPF Justice, des Affaires étrangères, du service de renseignement militaire et de la police fédérale.

Si l'évaluation montre qu'un retour constitue une menace pour la sécurité publique, Johan Delmulle envisageait alors de ne pas appliquer le mandat d'arrêt international. Si des informations classifiées montrent qu'un combattant étranger a l'intention de commettre une attaque à son retour par exemple, "il appartient ensuite au ministère public de ne pas insister pour qu'il revienne, même si cela ne profite pas à la poursuite ou à l'exécution de la peine".

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