Parler des erreurs médicales, pour une prise de conscience du politique et du personnel soignant

Des erreurs, ça peut arriver à tout le monde... Mais lorsqu'elles ne sont pas reconnues et que c'est en milieu médical, ce sont des vies qui sont quelquefois brisées. L'association "Erreurs médicales" organise une manifestation ce dimanche après-midi, pour demander une meilleure reconnaissance de ces erreurs, et des droits aux victimes. D'où le lieu choisi pour la manifestation, en face du Palais de Justice de Bruxelles, place Poelaert.

Une loi peu ou mal appliquée

Il y a huit ans, Julie Friard a accouché d'un bébé mort-né. Pendant trois jours, les douleurs sont intenses, elle perd une importante quantité de sang. Mais la sage femme d'un hôpital wallon la renvoie chez elle. Ce sont une série d'erreurs et de négligences qui scellent le destin de son enfant. "Elle m'a clairement répondu que ça faisait 25 ans qu'elle exerçait ce métier, et qu'on ne devait pas le lui apprendre. Si elle avait appelé le gynécologue, il aurait su à quoi il avait affaire, et aurait sorti notre enfant de toute urgence. On aurait pu le sauver, tout à fait..." nous confie Julie, qui est aujourd'hui encore confrontée à une sorte de déni des autorités médicales. "Leur attitude me rend forte, de jour en jour, et me donne encore plus envie de me battre. Parce que j'aurai justice."

Une loi existe pour l'indemnisation des victimes des erreurs médicales. Mais elle semble peu ou mal appliqué. Lena Pjetri a été opérée de la hanche il y a deux ans et demi, mais sa prothèse était trop grande... Aujourd'hui, elle se déplace en chaise roulante, ou en déambulateur si c'est pour parcourir quelques mètres dans sa maison. Il n'y a pas eu de reconnaissance officielle de l'erreur. "Je me sens complètement délaissée par la justice et les médecins. Je dis toujours qu'il y a les briseurs de vie et les sauveurs de vie. Et il y a des briseurs de vie qu'il faut dénoncer. Alors j'aimerais que les gens parlent de leur erreur médicale, et qu'ils n'aient pas peur."

Des erreurs évitables ?

En France et aux Etats-Unis, des études estiment que les erreurs médicales sont la troisième cause de mortalité, après les maladies cardio-vasculaires et le cancer. En Belgique, aucun chiffre officiel existe mais l'asbl a recensé près de 20.000 erreurs médicales annuelles, et estime qu'il y aurait entre 2000 et 4000 décès par an. Dans son communiqué, l'asbl Erreurs médicales avance que "dans 70 % des cas, ces événements indésirables ne sont pas dû à un défaut de compétence ou de savoir-faire du corps médical mais à des facteurs humains liés au travail en équipe et notamment à un manque de communication au sein du personnel soignant et avec les patients. Ces erreurs seraient donc majoritairement évitable."

Et d'ajouter : "L’objectif n’est pas de fustiger le corps médical ni de cibler des responsables politiques en particulier mais bien de demander à l’ensemble de nos politiques, tout parti confondu, de se réunir avec tous les acteurs concernés, en ce compris les représentant de patients" afin de, notamment, repenser certains articles de la loi relative aux droits des patients, de réduire les délais des procédures judiciaires, de sensibiliser le personnel soignant à la problématique.

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