Parcs bondés, fêtes clandestines… Les contaminations au coronavirus sont-elles fréquentes en extérieur ?

Avec le retour (temporaire ?) des beaux jours, les rassemblements en extérieur se sont multipliés, parfois sans respect des gestes barrières nécessaires pendant l’épidémie de coronavirus. : parcs bondés dimanche à Bruxelles, évacuation du parc de Leuven ce mercredi, fête clandestine au Bois de la Cambre mercredi soir…

Des voix s’élèvent d’ailleurs pour demander, au moins, un plus grand nombre de contacts au grand air (pour rappel, limités à quatre personnes en même temps, les enfants de moins de 12 ans ne comptant pas, et avec respect de la distanciation de 1m50).

Alexander De Croo, le Premier ministre, a lui même rappelé qu’il n’est pas interdit de voir des proches à l’extérieur quand il fait beau. "D’ailleurs ce n’est même pas dangereux de le faire", a-t-il indiqué.

Alors, dangereux ou pas ? Qu’en est-il vraiment du risque de contamination en extérieur ?

Comment le Covid se transmet-il ?

Le coronavirus se transmet via les gouttelettes émises par les personnes contaminées, notamment, lorsqu’elles parlent, éternuent, toussent… Si dans un premier temps, les scientifiques pensaient que la transmission nécessitait un contact proche et prolongé, il est maintenant admis que la propagation du Covid-19 peut se faire également par aérosol, c’est-à-dire par propagation dans l’air de microgouttelettes, qui peuvent y rester longtemps en suspension et "voyager" plus loin que les grosses gouttelettes.

D’où les recommandations de bien aérer les espaces intérieurs. En extérieur, les experts pensent que ces gouttelettes se dispersent et diluent plus rapidement (par l’action du vent, des UVs, etc.).

L’importance des gestes barrières, même en extérieur

Des chercheurs ont publié en novembre 2020, dans le Journal of Infectious Diseases, une synthèse d’études existantes dans le monde sur la transmission du SARS-CoV-2 (et d’autres virus respiratoires) en extérieur comparativement aux espaces intérieurs. Selon cette publication, cinq études sur la transmission du coronavirus rapportent qu’une faible proportion d’infections s’est produite en extérieur, et que la transmission en intérieur est bien plus élevée.


►►► A lire aussi : Coronavirus : la bulle sociale remise en question, comment a-t-elle évolué depuis le début de la crise ?


Si les auteurs avertissent que les données manquent, ils concluent que la transmission du coronavirus est bien plus faible à l’extérieur, mais, qu'"il est important de noter que les infections sont possibles", surtout en cas de relâchement des mesures de protection. "Des facteurs tels que la durée et la fréquence des contacts personnels, l’absence de protection individuelle et les rassemblements occasionnels à l’intérieur lors d’un rassemblement en majorité à l’extérieur, ont été associés aux infections ayant eu lieu en extérieur".

Des foyers identifiés à l’extérieur ?

Si les infections sont donc bien possibles à l’extérieur, des foyers (plusieurs contaminations liées entre elles, aussi appelés clusters) ont-ils pour autant été rapportés lors de rassemblements en Belgique, tels les fêtes clandestines cet été ou la manifestation contre le racisme en juin ?

Difficile à dire, d’autant que l’identification de foyers n’en était qu’à ses balbutiements cet été. Mais, deux semaines après la manifestation Black Lives Matter, les organisateurs disaient n’avoir recensé aucun cas parmi les encadrants.

Le rapport de Sciensano du 19 février dernier indique que, du 8 au 14 février (avec donc les mesures sanitaires en cours, dont la fermeture des restaurants, bars, la bulle sociale…), "environ 37% des cas confirmés Covid-19 contactés (par le tracing, ndlr) ont indiqué ne pas savoir où ils avaient contracté l’infection. Malgré l’observation de légères variations de semaine en semaine, les lieux possibles de transmission les plus fréquemment signalés sont au domicile (27,6%), en famille et chez des amis (8,9%), au travail (8%) ou lors des activités pour les adolescents (à l’école et en dehors, ndlr) (7,4%)", la catégorie" Sports en plein air" étant très proche de 0.

L’exemple de la rave party bretonne

En France, une rave party rassemblant 2500 personnes avait suscité beaucoup d’inquiétudes début janvier, car bien qu’ayant pris place dans un lieu très aéré (un hangar désaffecté), les gestes barrières (distanciation, masque) n’avaient été que rarement respectés.

Fin janvier, l’Agence régionale de santé bretonne indiquait qu’aucun cas positif n’avait été formellement recensé, selon France Inter. Mais, nuance de taille, seuls 1% des participants s’étaient fait tester.

Il est donc possible, note France Inter, que des contaminations soient complètement passées sous le radar.

1 images
2500 personnes participaient à la rave party en Bretagne © AFP

Quel risque donc ?

Vous l’aurez compris, il existe encore de nombreuses incertitudes sur les contaminations en extérieur. Si elles semblent bien moins nombreuses que dans des espaces clos, elles ne sont pas impossibles, surtout si les gestes barrières ne sont pas respectés. "Si vous êtes dans une foule, qui est excitée, qui danse, qui chante et que vous passez de groupe en groupe", alors le risque est plus élevé, note Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses à l’ULB et au CHU Saint-Pierre, interrogé par la RTBF.

"Si on est en extérieur et qu’on porte un masque, le risque est très faible", indique-t-il. En l’absence de masque, il faut respecter la distanciation d’1m50. "D’autant plus si ce dont des personnes qui vous sont inconnues".

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK