"Par moments, ça devient vraiment dur": éboueur, un métier pénible et parfois dangereux

Le métier d'éboueur, un métier pénible et parfois dangereux
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Le métier d'éboueur, un métier pénible et parfois dangereux - © Tous droits réservés

La pénibilité de certains métiers revient régulièrement dans l’actualité, en particulier dans le débat sur les pensions: toute personne qui exerce un métier reconnu comme pénible pourrait dès 2020 soit partir à la pension de manière anticipée soit toucher une retraite plus importante.

Si les débats sont vifs sur la liste exacte des métiers qui doivent bénéficier de cette reconnaissance, il est une fonction que tous s'accordent à reconnaître comme pénible. On les côtoie tous régulièrement, sans forcément toujours mesurer l’importance de leur action pour vivre dans une ville propre. Ils sont chargés entre autres de ramasser les ordures ménagères. Il s’agit évidemment des éboueurs ou des agents de propreté.

Bruxelles-Proprété, l’organisme chargé de la collecte et du traitement des déchets de la Région Bruxelloise, en compte pratiquement 600 sur les 3000 employés de la société.

Focus

Sur le terrain, chaque équipe est composée de 4 hommes. Le chauffeur du camion et 3 chargeurs, comme on les appelle. Ces derniers ramassent entre 4 et 5 tonnes de sacs par jour. La première tournée démarre entre 5h30 et 6h30. Chaque agent doit réaliser 3 tournées.

Nous retrouvons Patrick Cardinal lors d’une de ses tournées. A 44 ans, cet homme a déjà travaillé 15 ans comme chargeur. Depuis 5 ans, il conduit le camion. Une tâche pas forcément de tout repos dans une capitale où les embouteillages sont quotidiens : "En tant que chauffeur c’est devenu incroyable. La circulation, les travaux, de plus en plus de vélos, c’est devenu de plus en plus difficile. Je dois faire attention aux chargeurs, aux piétons, aux voitures… Les gens ne se rendent pas compte des difficultés qu’on a à manœuvrer avec un camion aujourd’hui à Bruxelles. Le plus stressant, c’est le comportement des gens qui ne se rendent pas compte que nous roulons avec un camion qui peut parfois faire 15 tonnes et qu’on ne freine pas comme une voiture. Je pense aux cyclistes qui nous doublent parfois, ça, c’est le plus dangereux. J’ai déjà pris un vélo qui était dans mon angle mort. Je ne l’ai pas vu et quand j’ai démarré son vélo était sous ma roue, heureusement pas le cycliste".

La fatigue ne sort jamais, c’est vraiment une fatigue psychologique "

Patrick nous explique que quand il était chargeur, en rentrant il faisait une sieste pour récupérer. Mais depuis qu’il est chauffeur : " la fatigue ne sort jamais, c’est vraiment une fatigue psychologique. Il ne faut pas avoir trop de problèmes à la maison, parce que sinon on pète un câble. Je comprends certaines personnes qui ne viennent pas travailler pendant deux semaines parfois parce qu’ils n’y arrivent plus. Bruxelles est devenue impossible ", conclut-il.

Laurent Clara a 31 ans, il est chargeur depuis 10 ans. Quand on lui demande comment ça va, il répond : "Ca va, ça va, mais on n’a plus vingt ans ". Il reconnait avoir de plus en plus de mal notamment avec le poids parfois excessif de certains sacs. "Par moments, ça devient vraiment dur pour notre corps et notre santé ". En plus dit-il : "On doit se dépêcher, car on est dans la circulation. On gêne la population et ça, on l’entend bien, les gens se plaignent ".

"Les surprises"

Il explique qu’il doit aussi être vigilant aux " surprises " entendez les objets dangereux que peut parfois laisser la population dans les sacs. Lorsqu’on lui demande s’il a déjà été blessé: "Oh oui, quelques-uns… J’ai déjà eu une seringue dans le doigt. J’ai déjà eu quelques coupures aux doigts, aux bras, aux jambes". Sans oublier les nombreuses foulures auxquelles il a été confronté.

La plupart de ces hommes sont incapables de poursuivre la collecte des déchets au-delà de 45-50 ans. Raison pour laquelle, Bruxelles-Propreté leur offre la possibilité de se réorienter vers d’autres tâches, comme le balayage par exemple.

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