Papillomavirus : un virus qui touche les filles, mais aussi les garçons

Papillomavirus: un virus qui touche les filles, mais aussi les garçons
Papillomavirus: un virus qui touche les filles, mais aussi les garçons - © SAUL LOEB - AFP

Ce lundi 4 mars, c’est la Journée internationale de sensibilisation contre le papillomavirus. Un virus qui peut sembler anodin, tant il est courant : durant leur vie, près de 80% des hommes et des femmes sexuellement actifs entreraient en contact avec lui au moins une fois. Pourtant, son nom est bien souvent lié au cancer de l’utérus, car il s’agit d’un virus oncogène. « Cela veut dire qu’il y a des HPV qui peuvent donner des cancers, et puis il y a des HPV qui ne donnent pas de cancer, qui donnent de simples verrues totalement bénignes », explique le professeur Squifflet, gynécologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles.

Cela signifie donc qu’on peut être porteur du papillomavirus, sans qu’il se soit développé en virus à risque. « Autant il est fréquent, autant le risque de développer une pathologie cancéreuse lorsqu’on est infecté par ce virus est rare ou peu fréquent, précise le gynécologue. Malheureusement, d’un point de vue médical, on ne sait pas isoler, c’est-à-dire prévoir chez qui il va donner ce type de complication. »

Si les hommes ne peuvent pas être atteints du cancer de l’utérus, ils ne sont toutefois pas à l’abri : on sait qu’il peut être responsable de cancers dans la zone oropharyngée (le haut de la gorge) ou au niveau de l’anus. On sait également que les hommes sont tout aussi susceptibles de contracter le virus, et donc de le transmettre à une partenaire.

On a un recul depuis plus de 20 ans sur l’utilisation de ce vaccin

Pour prévenir l’infection, il existe un moyen simple : la vaccination, disponible depuis le début des années 2000. « Le dernier vaccin sur le marché donne une protection contre l’infection des HPV oncogènes de l’ordre de 90% », affirme le professeur Squifflet. Pourtant, ce vaccin a longtemps été critiqué ces dernières années, notamment pour son inefficacité. « On a un recul maintenant depuis plus de 20 ans sur l’utilisation de ce vaccin, remarque le gynécologue, et aujourd’hui, on peut dire que dans le suivi des études de vaccination, on n’a pas observé d’effets secondaires particuliers de ce vaccin. »

Désormais, le vaccin n’est plus adressé qu’aux jeunes femmes, on le conseille également aux jeunes hommes. « Le fait de vacciner les jeunes garçons peut diminuer le risque de transmission d’une fille vers le garçon, du garçon vers la fille, explique le professeur Squillet. Mais il pourrait également avoir comme bénéfice de diminuer le risque de complications de ces infections chez les garçons. » Pourtant, les hommes sont beaucoup moins sensibilisés que les femmes sur le sujet, à cause d’un manque d’information et de prévention.

Les campagnes de prévention ciblent essentiellement les personnes vierges, mais ce n’est pas une condition sine qua non pour se faire vacciner. « Il est le plus efficace chez les populations jeunes qui n’ont pas encore eu de rapports sexuels, mais il reste efficace même sur des jeunes filles ou des jeunes garçons qui ont déjà eu des rapports, objecte le professeur Squillet. Ce n’est pas parce qu’on a déjà eu des rapports que ce vaccin n’est pas efficace. Mais c’est vrai que ce que l’on appelle la population cible ou la population qui en aura le plus de bénéfice reste la population qui est jeune et donc avant les premiers rapports. » Et ce, que l’on soit un garçon ou une fille.

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