Panne informatique : des milliers de prescriptions électroniques indisponibles en pharmacie

Le calme est revenu ce matin dans la pharmacie du Triomphe, à Auderghem. Mais ce lundi, la tension était palpable. La cause : toute la journée, impossible de scanner les ordonnances électroniques. "Le code-barres ne passait pas, un message d’erreur était indiqué sur l’ordinateur", précise Sixtine Brunelli, employée. Pourtant, de plus en plus de prescriptions médicales sont aujourd’hui informatisées. Avec votre identité, le pharmacien peut normalement les récupérer facilement. "Normalement", car le système tombe régulièrement en panne. Et ce n’est pas sans conséquence.

Aujourd’hui, 35% des prescriptions sont aujourd’hui électroniques. Apparues en juin 2018, elles seront généralisées, puisqu’obligatoires à partir du 1er janvier 2020. Alors une avarie comme hier, cela touche beaucoup de monde.

Heureusement, pour le moment, le patient continue à recevoir une preuve papier. Utile, hier : c’est grâce à elle et l’encodage manuel des pharmaciens que les patients ont reçu leurs médicaments. "C’est un problème dans la mesure à cela a complètement planté notre système. Du coup, nous devions parfois attendre quelques minutes que tout se remette en place. Nous avons trouvé une astuce, mais la conséquence c’est que les codes-barres n’ont pas pu être archivés. Donc si le patient avait fait une photocopie de cette ordonnance, il pouvait aller dans une autre pharmacie qui pouvait relire ce même code-barres et lui délivrer à nouveau des médicaments", explique Sixtine Brunelli.

Des problèmes récurrents ?

La panne provient en fait d’un serveur de Proximus, qui gère le flux. "Un problème technique sur le data center clients", précise l’entreprise. Après une mise à jour du logiciel, le système était réparé vers 20h30. Selon Proximus, ce genre de problème est rare. Un avis que ne partage pas le secteur. "On constate depuis plusieurs mois des problèmes récurrents", avance Alain Chassepierre, porte-parole de l’association pharmaceutique belge. "Des interruptions de service, que ce soit dans l’assurabilité, dans la stabilité de la plateforme e-Health, hier encore dans les serveurs pour l’ordonnance électronique… Ça génère des inquiétudes pour les pharmaciens qui utilisent beaucoup ces systèmes évidemment. Cela entraîne de l’inconfort dans leur travail et du mécontentement chez les patients. Voilà des choses dont on se passerait bien", précise-t-il.

Sixtine Brunelli, dans son officine abonde : "Cela arrive très souvent que le système d’assurabilité des patients belges, qui s’appelle My Carnet, tombe en panne. Et là, c’est encore plus embêtant, parce qu’il nous est alors impossible de voir si le patient a une mutuelle en Belgique ou non."

"Il faut prévoir des systèmes de secours"

Tous sont d’accord pour dire que ces nouveaux systèmes ont leurs avantages. Mais il faut plus de garanties. "On développe l’e-santé et c’est une bonne chose. Mais il y a selon moi une nécessité absolue de prévoir des systèmes de secours pour stabiliser le système. Pourquoi ? Tout simplement pour que les patients aient accès à leurs médicaments. Imaginez un seul instant qu’on soit dans un système – comme ce qui est prévu dans le futur – où il n’y aura plus de papier, où l’ordonnance sera dématérialisée, les pharmaciens ne sauraient rien faire", selon Alain Chassepierre.

La dématérialisation totale est donc prévue pour le 1er janvier 2020, exception faite pour les médecins qui auront 64 ans à cette date. D’ici là un seul conseil : n’oubliez jamais d’emporter avec vous la copie papier de la prescription que vous donne le médecin.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK