Palais de justice de Bruxelles : 1,7 million d'euros pour sa sécurisation

Palais de justice de Bruxelles : 1,7 million pour sa sécurisation
Palais de justice de Bruxelles : 1,7 million pour sa sécurisation - © Tous droits réservés

Ce matin, le ministre de la justice Koen Geens et le ministre de l'intérieur Jan Jambon ont visité le palais de justice de Bruxelles. Ils ont découvert les nouvelles entrées sécurisées et sont passés par le nouveau système de scannage définitif.

Le fameux bâtiment de la place Poelaert, construit à la fin du 19e siècle, a subi un lifting au niveau de ses entrées. La grande entrée principale avec ses deux portes en bronze ne sera plus utilisée. Koen Geens, ministre de la justice : "Il y a une entrée pour le personnel, une pour les avocats avec des badges sur mesure et une pour le public. N’importe quel procès pénal ou d'assises pourra se tenir ici dans les meilleures conditions sécuritaires possibles" souligne-t-il.   

À l'entrée visiteurs, il y a désormais un système de scannage définitif. Il fonctionne sur le même modèle que ceux présents dans les aéroports. Les visiteurs devront vider leurs poches, enlever leur ceinture et leur manteau avant de pouvoir accéder à la salle des pas perdus et aux différentes salles d'audience.

Respecter l'ancien, intégrer le nouveau

Rester dans ce bâtiment, c'est une volonté affichée du ministre de la justice Koen Geens. Dans d'autres villes, certains ont préféré repartir d'une feuille blanche pour créer un bâtiment moderne et ultra sécurisé. C'est notamment le cas pour le nouveau palais de justice de Paris. Chez nous, le choix a été fait de garder la vie judiciaire au sein de ce bâtiment inscrit dans l'histoire de Bruxelles.

C'est le bureau d'architecte MA2 qui s'est chargé de réaliser ces travaux. Francis Metzger, architecte et fondateur de MA2 : "On est dans un bâtiment tout en pierre et il fallait trouver un élément de l'architecture contemporaine pour inrégrer ces rénovations. On a choisi l'acier corten qui a une allure très brute. On marque les deux périodes historiques du bâtiment sans choquer l'oeil avec les pièces rapportées" explique-t-il.

Il reste des failles

Ces travaux ont été bien accueillis par le personnel du palais de justice. Michel Forges est le bâtonnier de l'Ordre du Barreau de Bruxelles. Selon lui, il était temps. "Les mesures provisoires qui avaient été prises pour sécuriser le palais étaient inacceptables tant pour les forces de l'ordre que pour les avocats et le personnel !" affirme-t-il. "Mais il est évident que ces nouveaux portiques sont la partie la plus moderne du bâtiment. Maintenant on attend que le reste du bâtiment se mette aux mêmes normes !".

Ces critiques sont partagées par Luc Hennart, le président du tribunal de première instance de Bruxelles. Il suffit de faire le tour du palais de justice avec lui pour remarquer que tous les accès ne sont pas assez sécurisés. "Il y a des portes sécurisés avec des badges et puis, juste à côté, il y a une porte qui reste ouverte" observe-t-il circonspect.

La sécurité est nulle

Quant au portique de sécurité installé à l'entrée visiteurs, il est tout simplement insuffisant pour Luc Hennart. "La sécurité, c'est une chaine avec des maillons. Il reste des maillons extrêmement faibles dans cette chaine donc la sécurité est nulle" résume-t-il implacable.

Le magistrat s'interroge également sur certains choix. Pourquoi n'y a-t-il qu'un seul système de scannage à l'entrée visiteurs et pas aux autres entrées ? "Il y a un va et vient permanent dans le palais avec des fournisseurs, des livraisons et des sociétés qui travaillent au sein du palais. Dans ces cas-là, le contrôle est inexistant !" critique-t-il.

Pour effectuer ce contrôle, il faut du personnel en suffisance. Et selon Jimmy Verlez, délégué SLFP Corps de sécurité, le cadre national n'est pas atteint. "Il y a 400 agents, on devrait être 440. Cela représente donc un sous effectif de 10%. Alors le visage des ministres et le portique, c'est bien, mais il nous faut des hommes !" clame le délégué syndical.

Une chose est sûre, le palais de justice devra prochainement accueillir des événements de grande ampleur. En janvier 2019, commencera le procès de l'attentat du Musée juif où comparaitra Mehdi Nemmouche. Plus tard, il faudra penser à l'organisation du procès des attentats du 22 mars. Autant de moments où le palais de justice devra être mis sous très haute surveillance.

Reportage du JT de 19h30 de ce mardi 06 novembre:

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