Paiements électroniques privilégiés avec le coronavirus : l'argent liquide présente-t-il un risque de contamination ?

Les billets de banque transportent-ils le virus? Il y a des avis rassurants.
Les billets de banque transportent-ils le virus? Il y a des avis rassurants. - © INA FASSBENDER - AFP

"Il est préférable de privilégier les payements électroniques, ce qui évite les contacts directs. L’argent liquide n’est toutefois pas contaminé." La dernière phrase d’un tout récent article sur le Bruxelles Environnement, l’administration régionale bruxelloise de l’environnement est claire : il n’y aurait pas de risque d’infection au coronavirus, au travers des billets de banque et des pièces de monnaie. Mais peut-on être aussi certain que cela ?

Un seul mode de paiement dans certains petits commerces

Cet article titré "Horeca et commerces alimentaires zéro déchet : mesures d’hygiène et distanciation sociale en cette période de crise Covid19", a été posté le 1er avril. Il fait la liste des recommandations entre de distance sociale entre clients, au niveau des plats à emporter, de l’hygiène avant d’évoquer les moyens de paiement mis à la disposition des clients. Comme l’a suggéré Comeos, la fédération belge du commerce, dès le 12 mars dernier, l’idée est de privilégier les paiements électroniques. Pour autant, plusieurs commerces, notamment les petites surfaces, ne disposent pas encore de terminaux de paiement, avec ou sans contact. C’est le cas de boulangeries, de boucheries, de commerces de nuit… Un seul mode de paiement est souvent possible : le liquide.

Il peut ramasser toutes sortes de bactéries et virus

Dès le début de la crise mondiale du coronavirus – nous sommes alors le 2 mars - l’Organisation mondiale de la santé mettait en garde dans la presse britannique : "L’argent change fréquemment de mains et qu’il peut ramasser toutes sortes de bactéries et virus. Nous conseillons aux gens de se laver les mains après avoir manipulé des billets de banque et d’éviter de toucher leur visage. Dans la mesure du possible, il serait également conseillé d’utiliser les paiements sans contact pour réduire le risque de transmission". L’avis est partagé également par la Bank of England.

En France, c’est dans le journal Le Monde que paraît une mise en garde moins alarmante de la Banque de France. "Comme pour la grippe saisonnière et comme sur toute autre surface, les gouttelettes respiratoires d’une personne infectée déposées sur un billet pourraient survivre pendant une période limitée, mais pas significative pour être un vecteur majeur de transmission."

Temps de survie du virus

Bref, quel comportement adopter ? D’autant que récemment encore, Les Echos dressaient un nouveau point de la situation. "Il faut sept heures pour que 50% du virus disparaisse sur du plastique, et trois heures et demie sur du carton. En clair, la souche actuelle de coronavirus apparaît plus "stable" sur le plastique et les métaux que sur les matières plus molles", introduit le quotidien économique. "Selon de très nombreuses études, les billets en substrat de coton (90% des billets dans le monde, dont l’euro) sont toutefois réputés pour héberger davantage de bactéries que les billets en polymère (plastique), adoptés par le Royaume-Uni, le Canada ou l’Australie. En effet, les billets en coton absorbent une plus grande quantité d’eau, qui permet aux bactéries de survivre plus longtemps. En revanche, si les bactéries "collent" moins sur les surfaces plastifiées, les virus sont susceptibles d’y vivre plus longtemps."

Utiliser des espèces est peu hygiénique selon une étude

Pour l’OMS, pour que le virus puisse atteindre son propriétaire, il faudrait un contact rapproché entre le billet et le visage. Ce qui est plutôt rare. En tout cas, selon une étude de Master Card, qui date de 2014, "deux-tiers des Européens pensent qu’utiliser des espèces est peu hygiénique, mais ont du mal à se défaire de cette mauvaise habitude : seul un sur cinq se lave les mains après en avoir touché."

Mais entre-temps est apparu le Covid-19. Et si l’on en croit Alexandre Bleibtreu, médecin-infectiologue au service de maladies infectieuses et tropicales de la Pitié-Salpêtrière à Paris, "le risque est infime. Il (le virus) peut se transmettre si l’on ne respecte pas les mesures d’hygiène de base mais, a priori, il n’y a pas plus de risque qu’avec une carte bancaire ou un téléphone mobile", explique celui-ci dans Le Parisien du 15 mars. Un lavage des mains régulier suffit à se débarrasser du virus.

Sur Europe 1, cette semaine, le gouverneur de la Banque de France se voulait rassurant également : "La Banque de France a regardé avec les autres banques centrales et il n’y a aucun signe que les billets de banque soient particulièrement porteurs du virus."

Rappelons cependant qu’en Chine, dès le 15 février, les billets de banque étaient mis en quarantaineLes banques font usage de rayons ultraviolets ou de hautes températures pour désinfecter les billets, avant de les placer sous scellés et de les isoler pendant sept ou quatorze jours.