Ouverture du procès en appel du meurtrier de la journaliste suédoise Kim Wall

Kim Wall fait partie des 65 journalistes morts en 2017 dans l’exercice de leurs fonctions.
Kim Wall fait partie des 65 journalistes morts en 2017 dans l’exercice de leurs fonctions. - © ANDREW CABALLERO-REYNOLDS - AFP

Le procès en appel de l'inventeur autodidacte danois Peter Madsen, condamné à la prison à vie pour l'assassinat de la journaliste suédoise Kim Wall dans son sous-marin en août 2017, s'est ouvert mercredi devant la Haute cour de Copenhague.

Trois jours d'audience entre le 5 et le 14 septembre

"Nous ne sommes pas réunis ici pour déterminer si Peter Madsen est coupable car il l'est", a rappelé le procureur Kristian Kirk à l'ouverture des débats devant le condamné, vêtu d'une sobre veste noire, qui lui fait face dans la salle d'audience.

Le procès ne concerne en effet que la durée de la peine, que Peter Madsen, 47 ans, espère voir réduite. L'ingénieur autodidacte, qui a toujours plaidé l'accident, a renoncé à faire appel de sa condamnation pour meurtre avec préméditation.

Il a été condamné fin avril à l'issue de 11 jours de procès au retentissement médiatique sans précédent dans un pays considéré comme l'un des plus sûrs du monde, d'après un rapport de l'organisation indépendante Institute for Economics & Peace.

Le 10 août 2017, il avait embarqué sur son submersible artisanal Kim Wall, 30 ans, qui projetait d'écrire un reportage sur ses désirs de conquête du ciel et des fonds marins. Portée disparue dans la nuit par son compagnon, son corps avait ensuite été retrouvé en mer, démembré. Ses parents et son frère étaient présents dans la salle d'audience.

Kim Wall, journaliste indépendante, avait collaboré avec The Guardian et le New York Times. Diplômée de l'Ecole de journalisme de Columbia (New York), elle était basée à New York et en Chine. Ses amis la décrivent comme "invincible", "ambitieuse" et "voyant toujours quelque chose de bon chez une personne", d'après les médias suédois.

Il récidivera, selon les spécialistes

Pour les légistes, la jeune femme est "probablement" morte à la suite d'un égorgement ou d'un étouffement. Quatorze perforations autour des parties génitales ont également été observées.

Peter Madsen est un "pervers polymorphe" mû par une sexualité morbide, selon la justice de son pays. Les experts psychiatres le disent "pervers" et "dangereux" et ne doutent pas qu'il récidivera. Ces appréciations ont fini de convaincre la cour malgré le manque de preuves matérielles irréfutables et l'état de décomposition avancée du corps de Kim Wall, qui n'a pas permis de déterminer les causes exactes de sa mort.

La prison à vie correspond au Danemark à 16 ans de réclusion effective en moyenne. Seuls 25 détenus purgent une peine de ce type.

Le jugement devrait être rendu le 14 septembre.

Archive : Peter Madsen condamné en 1ère instance (25/04/18)

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