Une quarantaine de taxis devant le palais de justice pour l'ouverture du procès contre Uber

Le procès des chauffeurs de taxis contre Uber s'ouvre ce matin, devant le tribunal de commerce. Il est question de concurrence déloyale, dans ce cas particulier cela concernera la Région bruxelloise, la règlementation différant d'une région à l'autre. L'objectif des chauffeurs de taxi est d'obtenir l'interdiction de circulation des véhicules Uber dans la capitale belge, sous peine d'une astreinte d'un million d'euros par jour.

En soutien aux avocats, les chauffeurs de taxis sont une quarantaine à s'être rassemblés devant le palais de Justice de Bruxelles, place Poelaert. Ils n'ont pas perturbé le trafic et sont repartis vers 12 h. Ils étaient là, pour soutenir leurs avocats disent-ils: "Pour montrer que l'on est pas content d'Uber et surtout de la législation en vigueur, commente l'un des taximen. J'espère que ce procès va changer les choses, que la justice agisse" confie un autre "en ce moment c'est plus possible, il y a trois fois plus de voitures qu'avant. Cette année-ci je ne suis pas parti en vacance parce que dépenser de l'argent sans en gagner, en tant que conducteur indépendant, on ne sait plus faire".

Plus de 1000 chauffeurs utilisent l'application Uber à Bruxelles, au grand mécontentement des chauffeurs de taxi, qui accusent la firme de détourner la loi. Les avocats de ces chauffeurs vont tenter de prouver qu'Uber fournit les mêmes prestations qu'un taxi, mais sans en avoir les obligations.

Les chauffeurs Uber sont sous une licence de location de voiture avec chauffeur, et doivent donc respecter certaines règles, en vertu de la législation bruxelloise, comme l'explique Sam Bouchal, secrétaire générale de la Febet (Fédération belge des taxis), invité sur Vivacité Bruxelles.

"Comme cela a été confirmé par le ministre bruxellois de la Mobilité à de nombreuses reprises, le service opère dans le cadre de la loi. (...) Nous serons heureux de pouvoir présenter nos arguments au tribunal", affirme pour sa part l'entreprise.

Ainsi, des huissiers sont montés dans des véhicules Uber pour constater le non-respect des règles. Par exemple, un véhicule Uber doit réaliser des courses d'une durée minimale de 3 heures, et il ne peut pas avoir d'émetteur-récepteur dans l'habitacle. Hors, toutes les voitures contrôlées étaient connectées à la plateforme, afin de repérer les clients. Et bien évidemment, les courses n'atteignaient pas les trois heures...

Uber Pop, UberX,... what's next?

En 2014, la justice bruxelloise avait déjà mis fin au service Uber Pop, considérant qu'il pouvait être qualifié de service de taxi, et estimant que ce service était contraire aux pratiques honnêtes du marché. Uber avait répliqué en lançant alors UberX, cette fois présenté comme un service de location de voiture avec chauffeur (LVC). C'est ce service que les chauffeurs de taxi bruxellois attaquent en justice.

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