Oussama Atar, le cerveau belge des attentats de Paris et de Bruxelles, est-il mort ? La Belgique ne confirme (toujours) pas

Le 22 mars, une bombe explosait à la station de métro bruxelloise de Maelbeek, après deux autres explosions à l'aéroport de Zaventem.
Le 22 mars, une bombe explosait à la station de métro bruxelloise de Maelbeek, après deux autres explosions à l'aéroport de Zaventem. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le site d’information français Mediapart est formel, l’ensemble du réseau de l’Etat islamique qui a mis sur pied les attentats de Paris et de Bruxelles est complètement démantelé. Tous ses membres sont morts. Le site d’information se base sur les confirmations obtenues par Matthieu Suc lors de l’écriture de son livre Les espions de la terreur. Il aurait notamment obtenu de la DGSE, le service de renseignements extérieurs français, la confirmation officieuse de la mort du Belge considéré comme le cerveau des attentats : Oussama Atar.

L'enquête commence au lendemain des attentats de Paris en novembre 2015. Les services de renseignements français établissent une liste de sept têtes pensantes de l'Etat islamique derrière ces attentats. Parmi ces sept personnes, le Belge Oussama Atar. L'objectif est simple : les traquer puis les éliminer. "Une coopération internationale, probablement unique dans les annales des services secrets, se met en branle, détaille Matthieu Suc sur Mediapart. Tout le monde joue le jeu, y compris les services russes et chinois. Les États-Unis font profiter la France des informations recueillies par la NSA et des frappes de leurs drones. (…) Les Français transmettent les coordonnées ou les renseignements, et c’est ainsi que des djihadistes sont rayés de la carte du monde…"

Éliminé en novembre 2017 ?

Le premier membre du groupe abattu, Abou Walid al-Souri, chargé de la formation des djihadistes, est éliminé par une frappe de drone à Raqqa en février 2016, avant même les attentats de Bruxelles qui auront lieu un mois plus tard. Toujours selon Mediapart, la dernière vague d’élimination a lieu le 17 novembre 2017, quelques jours après les deux ans des attentats de Paris. C'est ce jour-là qu'Oussama Atar aurait été abattu à son tour. Il était le dernier de la liste des sept personnes traquées. "Sa mort n'a fait l'objet d'aucun communiqué officiel, ni de la part des pays membres de la Coalition, ni de la part de l'État islamique, reconnaît Mediapart. Mais "chez les Israéliens du Mossad, on considère qu’avec son élimination (et celle de quelques complices les jours précédents), la branche chargée au sein de l’EI des attentats en Europe a été décapitée au cours de cet automne 2017".

Pas de confirmation côté belge

Contacté par nos soins ce matin, le parquet fédéral ne souhaite pas confirmer ni même commenter l'article de Mediapart. "Il s'agit d'un article comme un autre", nous glisse-t-on pour en réduire l'importance. Les services de renseignements belges attendent une communication officielle de leurs homologues étrangers, mais surtout une preuve ADN de la mort d’Oussama Atar. Cette preuve ADN n’est pas (encore ?) parvenue à la Belgique. La mort d’Oussama Atar "entre l’été et l’automne 2017" a déjà été évoquée à plusieurs reprises par des médias mais aucun service de renseignements ne semble vouloir prendre la responsabilité d’annoncer sa mort. Il est, en effet, arrivé plusieurs fois qu’un djihadiste annoncé mort "ressuscite" quelques mois plus tard.

Archive : JT 19/08/2016

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