Ostende : les phoques accusés par les pêcheurs de manger tous les poissons

Selon les scientifiques, l'explication des pêcheurs concernant le rôle des phoques ne tient pas la route.
Selon les scientifiques, l'explication des pêcheurs concernant le rôle des phoques ne tient pas la route. - © KURT DESPLENTER - BELGA

Les pêcheurs qui lancent leurs lignes à partir de la jetée d’Ostende ne sont pas contents. De moins en moins de poissons mordent à l’hameçon. La faute à qui ? Selon eux, ce sont les phoques, de plus en plus présents au large de nos côtes. Ils dévoreraient les poissons avant que les pêcheurs ne puissent les attraper et les glisser dans leurs filets, comme l’explique notre chroniqueuse Joyce Azar, dans le JT de 13h ce dimanche, dans sa rubrique "Un œil en Flandre".

Jimmy De Frenne, pêcheur à Ostende, expliquait la semaine dernière à nos collègues de la VRT qu’il y a "environ un mois, nous avons vu pour la première fois des phoques. C’est là que je me suis dit que ça n’allait pas." Désignant une bouée et un poteau blanc, à environ une centaine de mètres de la digue, il ajoute que c’est à cet endroit qu’il a vu deux mammifères marins. Ceux-ci rôdent régulièrement au large de la mer de Nord et s’échouent parfois sur les plages. Pour Jimmy et ses collègues, pas de doute : les coupables de cette pénurie de poissons, ce sont les phoques.

Aucune étude

Mais est-ce que cette explication tient-elle la route ? Pour les scientifiques, "il n’existe aucune étude concernant la mer du Nord ou dans un pays voisin pouvant affirmer qu’il y a un lien de cause à effet entre l’augmentation de la population des phoques et la baisse du nombre de poissons présents dans la mer", explique Kelle Moreau, de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. "Il ne faut pas non plus perdre de vue que chez nos voisins, il y a une augmentation de la population des phoques bien plus grande."

Réchauffement climatique, migration : voici ce qui pourrait, selon les experts de la faune marine, expliquer la raréfaction temporaire des poissons dans l’eau. Des experts qui prévoient un retour prochain des bancs. De quoi contenter aussi bien ceux qui pêchent que les phoques.

"Nous devons nous adapter à la nature", reconnaît Jimmy le pêcheur. "La nature doit aussi s’adapter à nous. L’homme a déjà provoqué pas mal de changement à la nature. Du coup, il faut être un peu réaliste et optimiste. Et puis vivre et laisser vivre."

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