Opéré d'un œil à l'UZ Leuven, il est presque devenu borgne, trois plaintes ont été déposées

Trois plaintes ont été déposées contre le service de chirurgie ophtalmologique de l’UZ Leuven pour coups et blessures involontaires. Elles concernent des opérations effectuées courant de l’été 2017. C’est le journal Het Belang Van Limburg qui le révélait ce samedi.

Toutes ont subi la même intervention : une vitrectomie, appelée aussi ablation du corps vitré. Une chirurgie délicate qui consiste à retirer une masse gélatineuse située entre le cristallin et la rétine, parfois responsable de troubles de la vue plus ou moins importants.

Une intervention dont c’est la spécialité de l’hôpital universitaire. Il en effectue environ 1400 par an.

Et pourtant, ces victimes qui ont porté plainte pourraient être plus nombreuses. Thierry, 60 ans, que nous avons rencontré ce dimanche, a vécu la même mésaventure ou presque. Il s’est, en tout cas, totalement senti interpellé par les témoignages des trois victimes publiées par la presse flamande.

Le produit qu'on lui injecte le rend aveugle de l’œil droit

Comme elles, Thierry s’est fait opérer de l’œil droit en 2017 : "La première opération de l’œil gauche s’était bien passée et un an plus tard, j’ai décidé de faire l’œil droit".

C’est donc en toute confiance qu’il rentre au bloc.

Comme pour l’autre œil, Thierry développe un œdème post-opératoire : "J’ai eu un œdème maculaire qui a été traité par une injection de cortisone. Mais suite à cette injection, j’ai perdu totalement la vue de mon œil droit".

Étonnamment, nous confie-t-il, le produit utilisé pour cette injection n’était pas le même que la dernière fois.

Paniqué, il se rend donc aux urgences de l’UZ Leuven : "Là, on m’a expliqué qu’il fallait attendre un peu, être patient, que la vue allait revenir".

Et cela se confirme, il retrouve la vue de son œil droit cinq ou six jours plus tard, mais sa vision est nettement détériorée : il n’a plus que 4/10. 

Un membre du personnel affirme que l'hôpital a arrêté l'utilisation de ce produit

Au départ, il met ça sur le dos de l’œdème, toujours présent. Nous sommes alors au mois de juin 2017.

Mais trois mois plus tard, lorsqu’il retourne à l’hôpital universitaire pour une deuxième injection, il est surpris de ce qu’on lui répond : "A ce moment-là, j’ai demandé si c’était le même produit que la dernière injection. On m’a simplement dit qu’on avait retiré ce produit de l’hôpital et qu’on ne l’utilisait plus".

Il n’en saura pas plus. On ne lui donnera même pas le nom du médicament injecté alors qu’il le demande, même de la part du chirurgien : "Je n’ai pas vraiment eu d’explications de sa part, c’était assez vague. Il m’a dit que ça faisait partie des risques de l’opération".

À l’époque, il n’a pas de raison de mettre en doute l’avis médical. Le service d’ophtalmologie de l’UZ Leuven et son chef de service en particulier bénéficient d’une reconnaissance internationale.

Il décide de vivre avec ce nouvel handicap en espérant qu'avec la disparition de l’œdème sa vue reviendra...

Un article de presse qu'il découvre presque par hasard

Récemment, son ophtalmologue lui a confirmé la disparition de son œdème et, malheureusement, sa vue ne s'est pas améliorée. Un véritable problème pour cet homme sportif qui aimait faire du VTT. Et pas seulement : "J'ai une très bonne vue côté gauche, donc je me débrouille avec le côté gauche. Mais au quotidien, cela me pose des problèmes pour conduire et pour travailler puisque je suis cuisinier et que j'ai besoin d'avoir une vue précise. Je me débrouille, mais c'est assez ennuyeux".

Et lorsqu’un ami lui parle, samedi, de cet article dans la presse flamande, il tombe des nues. Il reconnaît pleinement son histoire dans ces témoignages, même si lui a eu plus de chance que ces personnes (elles sont devenues borgnes), estime-t-il.

Aujourd’hui encore il ne sait pas quel est le nom du produit qui lui a été injecté, mais après ces révélations dans la presse, il est bien décidé de porter plainte.

L'UZ Leuven dépose plainte contre X

De notre côté, nous avons sollicité une réaction de l’UZ Leuven. L’hôpital universitaire n’a pas souhaité s’exprimer vu l’enquête judiciaire en cours. Dans un communiqué, il précise toutefois qu’une enquête interne a été menée et qu'"aucune cause claire" n’est apparue, "ce qui rend la tâche encore plus difficile"L’UZ Leuven a d’ailleurs lui-même déposé une plainte contre X.

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