Opération Mélissa: emmener de l'oxygène sur Mars?

Le millionnaire Elon Musk lors d'une conférence.
Le millionnaire Elon Musk lors d'une conférence. - © PETER PARKS - AFP

Emmener de l'eau, de l'oxygène, de la nourriture, sur Mars ? Oui mais comment ? C'est tout le sujet d'une expérience qui sera bientôt menée.

La planète rouge se trouve environ à 500 millions de kilomètres de la Terre. Soit 6 mois de voyage pour l'aller et idem pour le retour. Pour empaqueter toutes les denrées vitales, c'est très simple, en tout cas sur papier. Il faut faire comme sur Terre, en utilisant les processus biologiques.

Par exemple : certaines bactéries, comme la spiruline, via la photosynthèse, peuvent produire de l’oxygène. Le projet européen "Mélissa" y réfléchit depuis 25 ans déjà. Un premier test sera mené le 4 décembre prochain.

De l'oxygène mais pas seulement

Cette bactérie va en effet être envoyée dans la station spatiale internationale, y rester pendant un mois et puis revenir sur Terre. Les scientifiques veulent savoir comment elle se comporte, si elle produit bien l’oxygène et en quelle quantité, car les conditions sont bien différentes dans l’espace.

Nathalie Leys, microbiologiste, fait partie du projet. "Dans l’espace, on a une dose de radiation plus haute que sur Terre, mais aussi la microgravité. On veut maintenant tester s’il sera possible d’avoir la même efficacité de production d’oxygène dans l’espace."

Pour l'instant, les tests ne concernent que l'oxygène mais le projet veut aller plus loin : produire de l’eau et de la nourriture.
 "Pour produire de la nourriture, on a besoin d’engrais, explique Nathalie Leys. On doit recycler les déchets et l’eau pour extraire les engrais dont on a besoin pour faire pousser les plantes, avec des bactéries et des processus biologiques."

L'astronaute, consommateur et producteur

Pour produire des aliments, il faudra donc réutiliser tous les déchets des astronautes, les selles, leur urine, et même leur sueur pour en faire de l’eau. Tout déchet doit servir à produire quelque chose.

"Pour nous, l’astronaute fait partie de l’écosystème. Il est bien sûr consommateur, mais il est aussi producteur de certains déchets très intéressants qu’on veut réutiliser, et même le CO2 qu’il expire." Le but principal est donc, surtout, de recycler.

Les scientifiques attendent le 4 décembre avec impatience, car d’autres problèmes sont bien sûr encore à résoudre avant d’envoyer quelqu’un sur Mars, comme l’effet des radiations sur le physique de l’astronaute. Des travaux sont en cours pour trouver des solutions et permettre un tel voyage.

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