"On s'est retrouvé complètement seuls": à Trooz, l'amertume face aux services de secours

Lors de la journée de deuil, nos équipes ont été à la rencontre des sinistrés, qui, partout dans le pays, doivent désormais retourner petit à petit à leur vie normale, malgré le choc psychologique et les dégâts matériels.

A Trooz, l'une des communes les plus touchées, au pire moment des inondations on a connu des niveaux d'eaux très élevés (au-delà des trois mètres). Dans certains près, l'eau est encore loin de se retirer, empêchant aux riverains d'accéder au chemin qui les emmène à leur maison.


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Certains d'entre eux se sont sentis oubliés. C'est notamment le cas pour Jeanne, qui, à nos micros a témoigné: "On s'est retrouvés vraiment seuls, sans que personne ne nous demande si tout se passait bien, si on avait des besoins particuliers, si on avait besoin d'aide pour sortir de la maison alors que l'évacuation a été un peu compliqué"

Le jeune femme aurait apprécié une visite ou des appels de la part de l'armée, des pompiers ou même des bénévoles. 


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A contre-courant des nombreux gestes de solidarités relatés ces derniers jours, Jeanne confie que la solitude demeure, même à l'heure du nettoyage. "On compte beaucoup sur nous-mêmes. Vous le voyez: il y a personne qui vienne nous aider et on va avoir énormément de nettoyage à faire, notamment au niveau des prairies et de l'allée d'accès à notre maison."

Malgré l'amertume, pas question pour cette habitante d'oublier la minute de silence qui était prévue pour 12h01 ce mardi. "Je pense à tous les habitants de la vallée, tous les sinistrés et à toutes les personnes qui se retrouvent sans rien. Je pense qu'une minute de silence est tout à fait minime". 

Si pour cette habitante il est important de penser aux sinistrés, son avis est beaucoup plus tranché vis-à-vis des visites politiques: "Quand je vois sa Majesté le roi venir en petit costard avec juste des bottes et serrer des mains plutôt que prendre une pelle et montrer qu'il nous soutient, je trouve que ce n'est pas très convenable", affirme-t-elle. 

Comme Jeanne, de nombreux habitants de Trooz, mais aussi de Verviers, réclament une journée de mobilisation nationale, plutôt qu'une simple journée de deuil. Les visites et le soutien font plaisir, mais pour beaucoup, ce sont véritablement les bras d'aide qui sont indispensables. 

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