On pourrait bientôt manquer d'électricité, dit la CREG

La Creg avait déjà mis en garde il y a quatre ans sur le fait que des investissements devaient être faits dans de nouvelles centrales électriques, mais cela n'a pas été le cas, ou pas suffisamment, et aujourd'hui il est trop tard pour construire encore rapidement de nouvelles centrales.

Construire une nouvelle centrale prend en effet au moins trois ans. De nouvelles décisions en matière d'investissements ne pourraient dès lors permettre de résoudre le problème qu'au plus tôt en 2016. "La conséquence directe est que le risque est plus élevé que la Belgique ne soit pas en mesure de couvrir ses propres besoins et que notre dépendance vis-à-vis des pays voisins (en raison de l'importation d'électricité) va croître", selon la Creg.

La situation s'améliorera dans les années suivant 2015. La liste des investissements prévus est suffisante pour couvrir la demande d'ici 2020, même si les plus vielles centrales nucléaires sont fermées entre-temps.

La Creg propose qu'une nouvelle centrale soit construite et que la sortie du nucléaire soit reportée de quelques années, par exemple à 2016-2017.

De son côté, le ministre de l'Energie Paul Magnette a estimé, sur nos antennes qu’il n’y a rien de neuf dans ce rapport du régulateur, qui s’ajoute à d’autres rapports qui vont dans le même sens. En revanche, Paul Magnette est en désaccord avec la CREG sur l'idée de prolonger d’un an ou deux la vie des centrales nucléaires : ce serait la pire des solutions, selon le ministre. Il faut arrêter comme prévu les centrales et importer plus d’électricité qu’aujourd’hui pour faire face aux besoins, estime-t-il.

Ecolo a affirmé mardi que l'étude de la CREG sur l'avenir de la politique énergétique de la Belgique se basait sur un scénario pessimiste quant aux projet de développement énergétique. L'étude ne tient pas compte selon eux de mesures menant potentiellement à la diminution de la consommation.

Les Verts sont aussi d'avis que l'avenir de notre politique énergétique ne peut faire l'impasse sur les objectifs des Régions et du fédéral, qui ambitionnent 100% d'énergies renouvelables en 2050.

Selon Ecolo, la CREG confirme dans son rapport qu'une sortie progressive du nucléaire est possible mais que des mesures à court terme sont nécessaires pour l'entamer rapidement.

Au passage, ils réclament des actions volontaristes en matière d'économies d'énergie, un appel d'offre pour l'installation de nouvelles capacités de production et une simplification administrative concernant les investissements en énergies renouvelables.

Les écologistes souhaitent encore que la CREG soit entendue par la commission de l'Economie de la Chambre.

Belga
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