"On gagne jusqu'à 300 euros par mois en faisant nos courses en Allemagne: de quoi nous offrir des vacances"

"On gagne jusqu'à 300 euros par mois en faisant nos courses en Allemagne: de quoi nous offrir des vacances"
"On gagne jusqu'à 300 euros par mois en faisant nos courses en Allemagne: de quoi nous offrir des vacances" - © Tous droits réservés

Selon Dominique Michel, le patron de Comeos (la fédération du commerce et des services en Belgique), les achats transfrontaliers, réalisés par des Belges dans un pays limitrophe, connaissent depuis 2009 une hausse annuelle moyenne de 3,2 %. Ils représenteraient ainsi 2,7 millliards d'euros, et pourraient expliquer en partie les restructurations chez Carrefour.

Un reportage des Pigeons réalisé en 2016 montrait pourtant que sur un caddie "classique", le gain était faible pour ceux qui se rendaient en France. De nombreux internautes ont réagi à ces informations: eux constatent une énorme différence. 

Et dans le cas d'Astrid Raymackers, qui habite dans la région liégeoise, l'économie peut se monter jusqu'à 300 euros par mois pour cette famille de quatre personnes en allant faire ses courses... en Allemagne. "Ça m'a permis de repartir en vacances", commentait-elle sur notre page Facebook.

Nous l'avons contactée pour lui demander comment elle réalisait de telles économies : "Il nous faut une quarantaine de minutes pour nous rendre dans la grande surface allemande, explique-t-elle. On y va une fois par mois, sans les enfants, et on remplit vraiment la voiture à ras bord, pour notre consommation du mois des produits visés".

Pour économiser, il faut cibler

Car c'est une des règles de base pour ceux qui veulent y gagner en effectuant des achats transfrontaliers : il faut cibler. "On n'achète pas tout en Allemagne, je continue à faire mes courses en Belgique. J'ai la chance d'avoir un Okay (groupe Colruyt) et un Aldi à proximité de chez moi, et j'y achète les produits frais, ainsi que ce qui est moins cher en Belgique qu'en Allemagne, et ce qu'on n'y trouve pas".

Il a d'ailleurs fallu un certain temps à la famille pour s'y retrouver : "On ne trouve pas toujours les mêmes produits, soit parce qu'ils ont des habitudes alimentaires différentes (leur mayonnaise est sucrée, par exemple), ou parce que les marques se présentent sous un autre nom (c'est le cas de Dreft)."

Pour estimer le gain réel, Astrid et son mari vont scrupuleusement comparer les tickets de caisse, non sans mal: "Ils se présentent différemment, et en allemand, évidemment. Ça n'a pas été facile de s'y retrouver".

Lego et Playmobil moitié prix

Le gain est généralement de 200€ sur un mois, "mais ça peut monter beaucoup plus haut, en période de fêtes notamment. Par exemple, pour tout ce qui est Lego ou Playmobil, c'est la moitié du prix".

Les autres gains les plus importants: les sodas, et en particulier le coca, ainsi que les produits d'entretien. Des prix qui vont du simple en Allemagne au double en Belgique.

Continuera-t-elle à y aller, malgré les remarques de Comeos ? "Bien sûr. Evidemment, ça me fait quelque chose d'entendre ça, c'est malheureux pour ceux qui perdent leur emploi mais je pense qu'il faut relativiser l'effet, je pense que tout ça s'équilibre. Il y a aussi des produits qui sont moins chers en Belgique et des étrangers qui viennent chez nous pour ça. D'ailleurs, avec tous les Belges qui vont faire leurs courses chez Carrefour en France, pourquoi ont-ils des problèmes là-bas alors ?"

En tout cas, Astrid ne retournera pas dans les hypermarchés belges : "Je ne vais pas aller dépenser du mazout pour aller gagner quelques euros dans ces grandes surfaces d'il y a 30 ans. Pour les petites courses, ça n'en vaut pas la peine, je préfère aller dans des magasins de proximité".

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