Valérie Glatigny: "On étudie la possibilité de prolonger l'année académique en juillet"

CQFD, Ce Qui Fait Débat, en mode grand entretien: 25 minutes quotidiennes avec un spécialiste, pour vous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser toutes vos questions (via l'adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invité, ce lundi: Valérie Glatigny, ministre de l'Enseignement supérieur (MR). 

Vers un allongement de la durée de l'année académique

La décision est tombée lundi dernier: tous les cours se donneront à distance jusqu’à la fin de l’année académique dans les universités. "La date de sortie du confinement étant toujours incertaine, on tire sur une cible mouvante, on doit donc  adapter nos décisions en temps réel. C'est pour ça que nous avons toutes les semaines une réunion avec l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur", explique la ministre. "Je comprends l'inquiétude du secteur [...] Nous ne voulons pas d'une baisse de la qualité de l'enseignement, mais je pense qu'il est prématuré d'annoncer de grandes décisions tant que la date de sortie du confinement n'est pas connue", précise la ministre qui rencontrait les acteurs de l'enseignement supérieur ce lundi.

Valérie Glatigny en convient: l'enseignement à distance n'est pas idéal, "mais c'est la seule solution qu'on puisse mettre en place pour garder le rythme et envoyer le message aux étudiants qu'il faut continuer à apprendre, même dans ces conditions difficiles". Différentes pistes sont sur la table, explique-t-elle: "il se pourrait que l'on doive aller vers un allongement de la durée de l'année académique, pour éviter un embouteillage sur les années ultérieures".

Enseignement à distance: inégalitaire?

La question a été étudiée, notamment par Renaud Maes, sociologue et professeur d'université. Ses recherches concluent que pour la majorité des étudiants suivant un cursus à distance, le principal problème est le manque d'espace calme pour travailler. Les problèmes de connexions internet sont aussi pointés pour environ 30% des étudiants, et problèmes d'ordinateur pour un étudiant sur cinq. Deux profils-type sont particulièrement en difficulté: les adultes en reprises d'études avec une famille à charge les jeunes étudiants issus de milieux défavorisés... 

La Fédération des Etudiants Francophones à, de son côté, sondé quelques 13 000 étudiants, toutes filières confondues, depuis le début du confinement. Près de 60 % d’entre eux se disent insatisfaits des conditions dans lesquelles se passent les cours virtuels. Et pour environ la moitié, les cours dans leur ensemble ne bénéficient pas d'une alternative valable en ligne. 

Laisser tomber certaines matières

Valérie Glatigny précise à ce propos qu'une enquête vient d'être lancée, sous forme de questionnaire envoyé à tous les établissements d'enseignement supérieur. "Il faudra tenir compte des différents publics étudiants au moment des examens", avance la ministre qui prône la confiance et la liberté académique de procéder à des évaluations au cas par cas, "et éventuellement laisser tomber une partie de la matière".

La ministre n'en appelle pas moins les étudiants à garder le lien avec les apprentissages et à essayer de garder le rythme et continuer à apprendre. "On sait que les circonstances sont exceptionnelles, et on essaiera d'établir les conditions optimales et d'informer les étudiants des modalités d'examens le plus tôt possible", assure-t-elle.

 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, en mode grand entretien: 25 minutes avec un spécialiste pour nous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus. Chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L'entièreté de l'émission à revoir ci-dessous: