OGM : l'Europe a-t-elle cédé face aux lobbies ? Relisez le chat

Des plants de maïs génétiquement modifiés
Des plants de maïs génétiquement modifiés - © AFP PHOTO SANDRA LAFFONT

Depuis plusieurs années, l'autorisation de culture de nouveaux "OGM" était soumise à une sorte de moratoire au plan européen, en raison de l'opposition de 19 Etats sur 28 à de telles cultures. Mais tout pourrait changer : un règlement européen prévoyant "seulement" la possibilité pour un Etat d'interdire telle ou telle culture sur son sol pourrait bientôt voir le jour. Et cela ne convient pas du tout aux organisations qui luttent contre ces techniques.

S'il est un sujet qui soulève la polémique, jusque dans les prétoires, c'est bien celui des organismes génétiquement modifiés. Pour l'essentiel, il s'agit de semences manipulées pour inhiber ou au contraire exacerber telle ou telle caractéristique de la plante, voire lui inoculer une caractéristique spécifique afin d'augmenter les rendements agricoles.

A la clé, d'immenses profits pour les créateurs de ces OGM, qui peuvent aussi, via le brevetage des variétés ainsi créées, s'arroger un contrôle total sur l'exploitation agricole.

Derrière ces enjeux, des débats qui touchent à la biodiversité, à la santé publique, à la souveraineté alimentaire... Pour les créateurs et les partisans des organismes génétiquement modifiés, il n'y a que des avantages à étendre ce type de culture, y compris pour l'environnement. Mais pour les opposants aux OGM, il n'y a aucun doute : le jeu n'en vaut pas la chandelle. La question agite les différentes institutions européennes, qui ont des points de vue très différents sur la question. Mais la nouveauté, c'est l'accord intervenu au niveau des Etats pour permettre à ceux qui le souhaitent de refuser la culture d'un OGM sur tout ou partie de leur territoire. La nouvelle réglementation doit cependant encore recevoir l'aval du Conseil des ministres de l'environnement. Ce sera le 12 juin prochain. Rien n'est joué : de nombreuses ONG se mobilisent pour éviter que ce texte soit adopté. Mais seront-elles entendues ?

Si cette réglementation européenne voit le jour, assistera-t-on à un "déferlement" de cultures OGM ? Les pays "récalcitrants" pourront-ils maintenir leur opposition ? Pourquoi d'ailleurs craindre ces pratiques agricoles alors qu'elles semblent présenter bien des avantages ? Y a-t-il un lobby des OGM, qui a agi en coulisses comme certains le suspectent ?

Marc Fichers, secrétaire général de Nature et Progrès -une organisation de promotion de l'agriculture biologique, très opposée aux OGM- se trouvait derrière son clavier ce mercredi midi. Il a répondu à toutes vos questions, particulièrement nombreuses. Vous pouvez retrouver ses réponses en relisant le chat ci-dessous.

T.N.

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