Offensive turque en Syrie : quel sort pour les enfants des combattants belges ?

Offensive turque en Syrie : quel sort pour les enfants des combattants belges ?
Offensive turque en Syrie : quel sort pour les enfants des combattants belges ? - © DELIL SOULEIMAN - AFP

L’offensive turque dans le nord de la Syrie pourrait avoir des conséquences sur les camps de réfugiés. Des camps surveillés par des milices kurdes, visées par Recep Tayyip Erdogan, où vivent plus de 70.000 personnes dans des conditions d’hygiène déplorables. Une offensive qui pourrait laisser ces camps sans surveillance et qui suscitent une double inquiétude : que vont devenir les cinquante combattants belges du groupe terroriste État Islamique incarcérés sur place ? Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’Enfant, lui, s’inquiète du sort réservé aux enfants belges présents sur place.

"Je ne suis pas un grand expert en géopolitique, mais on peut imaginer que si les Kurdes devaient être attaqués et qu’ils devaient donner priorité à la sauvegarde de leur intégrité physique, forcément l’attention portée jusqu’ici aux camps de réfugiés pourrait être abandonnée et on peut imaginer que la situation, qui est déjà déplorable, pourrait encore s’aggraver. Clairement la priorité aujourd’hui est de ramener les enfants dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible", précise Bernard De Vos, qui plaide depuis des années pour le rapatriement de ces enfants belges. "Ce ne sont pas des combattants, soyons clairs. On parle d’une quarantaine d’enfants répartis dans trois camps et la grosse majorité d’entre eux ont moins de trois ans." Bernard De Vos renouvelle donc sa demande de créer un corridor humanitaire pour les exfiltrer en toute sécurité.

Le retour de combattants sur le sol belge ?

Et puis, il y a une crainte sécuritaire avec des implications chez nous en Belgique, au cas où ces camps seraient effectivement laissés sans surveillance. Et c’est le patron de l’OCAM lui-même qui la formule : "C’est écrit dans les étoiles. Si les Kurdes doivent commencer à diriger leurs efforts contre l’ennemi turc alors oui, la sécurité dans les camps sera en danger", souligne Paul Van Tigchelt, le directeur de l’Organe de coordination de la menace (OCAM). L’organe plaide donc pour un rapatriement de ces combattants belges pour qu’ils puissent être jugés chez nous.

Un scénario à relativiser

Mais pour Didier Leroy, chercheur à l’École Royale militaire, il faut relativiser. Car la situation dépendra surtout des troupes américaines, encore présentes sur place. "Le degré de désengagement des forces américaines en Syrie déterminera la marge de manœuvre de l’armée turque, dont la priorité est avant tout d’affaiblir les forces kurdes. " Comprenez : la gestion des camps de réfugiés où se trouvent des résidents belges vient en second lieu et il ne faut pas nécessairement s’attendre à un revirement de bord complet dans la volonté de gérer ces camps d’une manière ou d’une autre. De plus, " la Turquie n’a pas intérêt à entacher son image auprès de la communauté internationale", conclut notre expert.

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