Oeufs contaminés au fipronil: voici le rapport complet de l'Afsca qui charge les Pays-Bas

Oeufs contaminés au fipronil: voici le rapport complet de l'Afsca
Oeufs contaminés au fipronil: voici le rapport complet de l'Afsca - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

C'est ce mercredi que Denis Ducarme, le ministre de l'Agriculture, et Maggie De Block, ministre de la Santé, sont entendus en Commission à la Chambre au sujet de la crise des œufs contaminés au fipronil.

Plusieurs questions sont au coeur de ce dossier : Quand l'Afsca, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, a-t-elle été prévenue de la contamination ? Quand et comment des mesures ont-elles été mises en place ?

L'Afsca a publié ce mercredi un document précisant la chronologie des événements. Nous vous proposons de le retrouver en intégralité ci-dessous.

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Premier enseignement de ce rapport : l'Afsca a été mise au courant le 2 juin d'un "résultat non-conforme" dans un échantillon. Ces résultats sont confirmés le 9 et le 16 juin. D'où cette question, posée par le député fédéral Jean-Marc Nollet (Ecolo) : pourquoi avoir attendu le 20 juillet pour tirer la sonnette d'alarme?

Les enquêteurs belges ont travaillé dans le flou

Le document précise néanmoins que "le 15 juin, il était uniquement question d’une contamination chez un seul opérateur et que rien n’indiquait qu’il y avait en Belgique un problème étendu avec le fipronil".

L'Afsca déplore au passage la difficile collaboration avec la NVWA, l'autorité compétente aux Pays-Bas. "Ce soutien a été obtenu lentement et difficilement au bout de 3 semaines [...]. Les enquêteurs belges ont donc travaillé dans le flou."

Plus étonnant, l'Agence belge affirme qu'elle s’est retrouvée "par hasard en possession de 2 notes des 22 et 25 juillet 2017, dans lesquelles l’Agence alimentaire des Pays-Bas (NVWA) fait rapport à son ministre. Il ressort clairement de ces notes que les Pays-Bas étaient déjà au courant depuis fin 2016 de la problématique du fipronil et de l’utilisation de ce produit sur son territoire dans le secteur des volailles et dans les exploitations de poules pondeuses en particulier".

Aucun risque n'émanait pour le consommateur

Concernant le secret de l'instruction, l'Afsca indique que le juge d'instruction en charge du dossier lui avait expressément demandé "qu'aucune information autre que les mesures de santé publique ne soit diffusée".

Lors des phases d'analyse et de traitement de la première contamination recensée, et d'enquête consécutive à la découverte de la source de contamination, l'Agence estime qu'elle n'avait pas besoin de communiquer au grand public, ayant en effet "directement fait le nécessaire afin d'éviter, depuis l'exploitation concernée, la progression de la contamination dans la chaîne alimentaire". De plus, les teneurs en fipronil détectées lors des analyses restaient sous le seuil de sécurité européen (0,72 mg/kg, ndlr). "Aucun risque n'émanait pour le consommateur."

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Cependant, après le 20 juillet, une perquisition menée dans une firme belge productrice et distributrice du Dega-16, un insecticide aux composants censés être naturels, a montré que l'utilisation dans le secteur avicole de fipronil, interdit, comme insecticide contre le pou rouge "était potentiellement beaucoup plus large que ce qu'on pensait" initialement. Or, même après ce constat, l'Afsca "n'a pu communiquer que sur les mesures de santé publique".

"Dans le cadre de l'enquête judiciaire, qui était encore en cours et pour laquelle plusieurs devoirs d'enquête étaient encore planifiés, le juge d'instruction a expressément demandé qu'aucune information autre que les mesures de santé publique ne soit diffusée", justifie l'agence. Cette interdiction lui a encore été confirmée le 25 juillet.

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