Octobre rose : cancer ? Je gère !

Delphine Remy
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Delphine Remy - © Amélie de Wilde

Elle s’appelle Delphine Remy et elle a 45 ans. Elle a toujours vécu à 100 à l’heure. Mais ça, c’était avant ! Avant le 11 juin 2019. Avant ce coup de fil de son gynécologue. Ce qu’il lui dit résonne encore dans sa tête : "J’ai malheureusement une nouvelle que j’aurais aimé ne pas vous annoncer…". Elle a un cancer du sein.

Cette histoire, Delphine a décidé de la partager dans un blog, puis dans un livre. Elle y parle de tout : des rendez-vous médicaux, des opérations, de la chimio, … de ses moments de doute ou de souffrance, de ses peurs, de ses joies.

Quand elle apprend qu’elle a un cancer, ses sentiments partent dans tous les sens. Il y a le déni, la culpabilité, la peur et puis elle s’est dit : "C’est bon, je vais gérer !". C’est d’ailleurs le titre de son livre : "Cancer ? Je gère !"

L’écriture lui a permis de prendre du recul par rapport aux événements, de prendre le temps de les digérer. Et comme elle le dit : "Joies partagées, joies décuplées. Peines partagées, peines divisées".

Un véritable tourbillon

Dès le début, tout va très vite. Sa tumeur est agressive, il faut agir rapidement. Les rendez-vous s’enchaînent : mammographie, échographie, scanner, scintigraphie, prise de sang,…

La première opération arrive mais elle ne suffira pas. On lui annonce qu’il faut aller plus loin et faire une mastectomie. Une nouvelle, dit-elle, plus violente encore que l’annonce du cancer. Elle pense à sa féminité pendant que les médecins pensent à retirer des cellules cancéreuses. Elle parle de décalage entre les deux discours.

Vient ensuite le début de la chimio. A chaque étape elle trouve des forces supplémentaires. Pas à pas, elle avance et se surprend à avoir plus de ressources que prévu. L’écriture lui permet de respirer entre les coups.

Arrive la perte des premiers cheveux. Elle finira par se faire raser la tête. Un cap tellement redouté mais qu’elle franchit finalement plus facilement que prévu. "Je me suis rendu compte que ça me faisait un chouette petit look".

Elle dédramatise comme elle peut et se sent portée par les messages qu’elle reçoit via son blog. Elle est soutenue par son mari, ses enfants et pense à toutes celles qui vivent cette épreuve toute seule. Et de se demander comment ces femmes trouvent la force d’avancer.

Se faire aider pour passer le cap

Pendant un an, Delphine multiplie les visites à l’hôpital. Mais elle n’y trouve pas toute l’aide nécessaire.

La clinique du sein qui l’accueille propose un suivi psychologique, des séances de kiné mais ça ne va pas beaucoup plus loin.

Pour l’aider à supporter la chimio, elle a misé sur des séances d’acupuncture, de reiki, de réflexologie. Elle est allée voir un phytothérapeute. "Cela m’a permis de mieux supporter les traitements. Ce serait extraordinaire que ces médecines parallèles soient accessibles à tous." Mais c’est rarement le cas.

De plus en plus d’hôpitaux ouvrent, c’est vrai, une clinique du sein où l’on trouve salle de sport, conseils diététiques et séance de massage.

A côté de l’hôpital d’Ottignies, où Delphine était soignée, le centre "La vie là" va plus loin en essayant de proposer différentes activités qui aident les femmes à "affronter la tempête". L’équipe est bénévole, elle est composée d’infirmières, d’esthéticiennes, de coiffeurs, de kinés… Le but est aussi de rompre l’isolement. Se sentir bien, soutenue, voilà qui améliore aussi les chances de guérison.

Et demain…

Aujourd’hui, Delphine a décidé de changer de vie, de se fixer des objectifs qui lui semblent plus justes qu’auparavant.

Elle veut notamment aider les femmes qui sont touchées par le cancer du sein.

Soutenir la recherche aussi. Elle a témoigné en novembre dernier au gala de "BIG against breast cancer". Et chaque livre acheté = un don pour cette même association. Car pour améliorer encore les chances de survie, il faut que la recherche avance. Mais en ces temps de COVID, les soirées caritatives sont annulées. Et les dons diminuent.

Aujourd’hui, Delphine prend aussi la parole pour faire bouger un peu les choses. Elle va bien, ses cheveux repoussent, elle a débuté l’hormonothérapie et la reconstruction commence le 1er décembre. Sa "petite zone de guerre" va disparaître. "Il est temps, dit-elle, j’ai besoin de passer à autre chose. J’ai envie d’avoir deux seins".

Archives JT du 01/10/2020 - Covid-19 : l'impact sur le cancer du sein

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