Observatoire international des prisons: "La grève doit respecter les droits des détenus"

Alors qu'une action de grève de 32 heures dans les prisons a démarré jeudi soir, Nicolas Cohen, coprésident de la section belge de l'Observatoire international des prisons, revient sur la situation actuelle dans les prisons.

Selon lui, il faut améliorer en l'état les conditions de vie des détenus "en les enfermant moins, en ayant un régime carcéral beaucoup plus ouvert, on améliore leur bien-être, on améliore aussi la qualité de vie des agents qui ont moins de punitions à gérer et plus de vie commune à gérer."

Nicolas Cohen estime que le recours plus intensif au bracelet électronique n'est pas la solution pour lutter contre la surpopulation carcérale. Il plaide pour un changement de régime de détention. À l'heure actuelle, les détenus passent la plupart du temps de la journée dans une cellule, enfermé, sans activité, juste avec la télévision et la possibilité éventuelle de parler par la fenêtre ou à son codétenu.

"C'est une aberration, alors qu'on sait depuis bien longtemps que l'objectif est de normaliser la vie des détenus. En prison, on est tout sauf autonome, on est entièrement dépendant du rythme de la prison et de quand la porte veut bien s'ouvrir", déplore-t-il.

Changement de vision

Pour améliorer les circonstances de détention, le représentant de l'Observatoire international des prisons demande un vrai changement de vision et une vraie réorganisation du travail: "Un certain nombre d'établissements ne sont de toute façon même pas équipés pour pouvoir accepter un régime ouvert, qui n'ont même pas d'espaces de vie commune pour permettre aux détenus, s'ils pouvaient circuler, de se réunir."

D'après Nicolas Cohen, le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), met en place une rationalisation budgétaire et économique : "le ministre a voulu réorganiser totalement le temps de travail en détention pour concentrer les activités sur une plus petite partie de la journée, et donc permettre que sur une plus longue partie de journée il y ait moins d'agents puisqu'il y a moins d'activité."

Grève inacceptable

Nicolas Cohen s'est indigné des propos de Koen Geens qui disait que la grave était "acceptable parce qu'elle a été annoncée au ministre": "Une grève, ça veut dire que les agents ne vont peut-être pas sortir les détenus au préau, ça veut dire qu'ils vont peut-être passer 24 heures, toute la journée, et peut-être même plus parce que depuis hier soir jusqu'à demain matin, en cellule, sans avoir aucune activité, sans avoir aucun parloir, peut-être même sans être transférés vers les palais de justice. Ça, c'est inadmissible !

Il conclut en défendant le droit des détenus: "Ce n'est pas parce qu'une grève est annoncée qu'elle est acceptable, c'est parce qu'une grève est éventuellement respectueuse des droits des détenus qu'elle serait acceptable."

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