Obésité: les opérations de réduction de l'estomac sont à la mode

Opération «by-pass»
Opération «by-pass» - © rtbf

Même si l’obésité n'est pas considérée chez nous comme maladie chronique, beaucoup désormais n'hésitent plus à recourir à l'intervention chirurgicale pour la soigner. L'anneau gastrique a longtemps eu la cote mais aujourd'hui il est carrément question d’ablation d'une grosse partie de l'estomac.

Nous avons rencontré Raphaël. Il a perdu 36 kilos en trois mois et il devrait encore en perdre une petite vingtaine dans les mois qui viennent. Il est musicien et son ancienne obésité l’obligeait en installer sa contrebasse loin de lui, ce qui l’empêchait de jouer harmonieusement de son instrument. Mais il y a quelques mois, ses médecins lui ont conseillé une opération "by-pass" pour lui éviter des complications cardiaques. Il s’agit d’une opération lourde qui consiste à créer un pont entre l’œsophage et les intestins pour que le volume de l’estomac soit réduit à celui d’une tasse de café.

Ce type d’opération nécessite une préparation stricte, comme un suivi psychologique pour savoir si la personne est réellement prête à subir l’intervention et à changer radicalement de comportements alimentaires. "Après trois mois, certains aliments comme les pâtes, le riz ou la viande, ne passent toujours pas", témoigne Raphaël, qui ajoute par ailleurs qu’il supporte très bien les conditions post-opératoires, et qu’il ne ressent aucun manque.

La réduction de l'estomac ne s'adresse pas à n'importe quel patient

Un belge sur deux est en surpoids et près de 14% de la population dépasse le seuil de l'obésité. En quatre ans, le nombre d'opérations de réduction de l'estomac a doublé en Belgique. Mais ce type d’intervention ne s'adresse pas à n'importe quelle personne en surpoids. "Les patients concernés sont en état d’obésité sévère avec des indices de masse corporelle élevés", explique le docteur Etienne Van Vyve, chirurgien à la clinique de l’obésité. "Il ne s’agit pas d’opération esthétique à proprement parler", précise le docteur Van Vyve; "ces personnes ont en général un excès de poids de 40 à 60 kilos, accompagné de maladies comme le diabète, l’hypertension ou encore des apnées du sommeil".  

Les opposants

Le fondateur de l’association des patients obèses (Bold), Jean-Paul Alonsius, tire la sonnette d’alarme. "On n’est pas là pour perdre du poids à tout prix. Il faut arrêter de faire du shopping. Tout cela est dangereux", insiste-t-il. Pour lui, il faut plutôt s’entourer d’une équipe interdisciplinaire pour arriver à modifier durablement le mode de vie.  

Raphaël quant à lui assume son choix et est prêt à modifier son comportement à vie.   

I.L. avec L. Dendoven

 

 

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