Numéro Inami: "On avait anticipé mais on avait des promesses politiques"

Numéro Inami: "On avait anticipé mais on avait des promesses politiques"
Numéro Inami: "On avait anticipé mais on avait des promesses politiques" - © Tous droits réservés

Après ceux de l'UCL ce lundi, les étudiants de dernière année de médecine de l'ULB ont décidé de mener une grève jeudi et vendredi, pour protester contre le manque de numéros Inami leur permettant d'exercer la profession. Une grogne que l'"on comprend parfaitement", a déclaré Marc Lits, L'Acteur en Direct de Matin Première ce mardi. Le pro-recteur chargé de la formation et de l'enseignement à l'UCL parle même de "scandale".

"Il y a des étudiants qui font sept ans de médecine, des études très dures, très longues, qui a un taux d'échec important, surtout au début, qui vont se retrouver maintenant à choisir une spécialisation et on va leur dire désolé, vous ne pourrez pas exercer, vous n'aurez pas de numéro Inami car il y a un contingentement qui se fait à la sortie, alors qu'il n'y a rien de prévu à l'entrée et parce qu'il y a des dissensions entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de la Communauté française. C'est vrai que c'est inadmissible", explique-t-il.

Quant à savoir si les facultés francophones de médecine n'ont pas été imprudentes en puisant dans la réserve des numéros Inami (celle de 2018 est déjà entamée), Marc Lits répond qu'ils avaient "anticipé, mais on avait des promesses politiques". "On nous disait : 'On va trouver des solutions'".

Mais ici, dit-il, il y a un nouveau gouvernement et c'est "l'impasse" : "Tous les recteurs avaient été voir les formateurs du nouveau gouvernement et ils n'ont pas été entendus. C'est pour ça que l'on arrive à ces extrémités en ce moment parce qu'il faut une solution rapide pour ces étudiants et il y a des pistes possibles. Entre autres en faisant le cadastre exact des médecins qui exercent vraiment. Ou alors, la piste des spécialités qui ne sont pas remplies actuellement".

Le paradoxe des médecins étrangers

Par ailleurs, le pro-recteur de l'UCL parle de surréalisme à la belge lorsque l'"on voit que l'on contingente les numéros Inami pour les étudiants belges, mais on recrute dans certains hôpitaux des médecins qui viennent de Roumanie ou d'autres pays puisque cela ne porte pas pour les autres médecins européens. Donc, le paradoxe est qu'on devrait dire : 'Allez faire une spécialité à l'étranger, là vous pourrez le faire et puis revenez chez nous pour exercer".

Faut-il supprimer le numerus clausus ?

Marc Lits parle plutôt de la nécessité d'avoir "une forme de régulation parce qu'on sait que cela coûte très cher et que la sécurité sociale risque d'être menacée"

"Maintenant, on n'a jamais fait le lien entre le nombre de médecins et une surconsommation médicale. Donc il faudrait aussi creuser cela même s'il y a déjà beaucoup d'études qui ont été faites. Mais on voit bien qu'il faut être attentif à cela parce que il y a quand même un élément sur lequel il faut insister aussi c'est que on accueille actuellement tous les étudiants, cela pose aussi des problèmes d'encadrement". Et citer en exemple la difficulté de trouver un lieu de stage pour les étudiants. Et "c'est la même chose pour la dentisterie", dit-il.

Un examen d'entrée ?

Il existe actuellement un test obligatoire non contraignant à l'entrée. "Ca a l'air à nouveau un peu paradoxal comme formule alors que du côté flamand, c'est contraignant", explique le pro-recteur de l'UCL qui estime qu'il faudrait sans doute "davantage orienter" l'étudiant. Mais pour cela, dit-il, il "faudrait davantage réfléchir avec les enseignants du secondaire".

Le secondaire prépare-t-il mal ?

A cette question, Marc Lits répond par la négative. "L'objectif du secondaire est de former des étudiants avec une série de compétences qu'il faut acquérir". Ce qui se passe, dit-il, c'est qu'"il y a une grande diversité d'étudiants dans le secondaire et c'est peut-être cela qu'il faut davantage prendre en compte". Et "peut-être prévoir des formations complémentaires comme pour les ingénieurs".

 

C. Biourge

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