Nuisances sonores: des avions silencieux? Une réalité d'ici 15 à 20 ans

Le projet Sugar Volt de Boeing.
Le projet Sugar Volt de Boeing. - © Tous droits réservés

L'aéroport de Zaventem et sa proximité avec les zones densément peuplées de Bruxelles et sa périphérie ont toujours constitué un dossier empoisonné pour le politique. La solution miracle qui contenterait tout le monde ne semble décidément pas exister: les plans se succèdent sans succès, et seules les futures technologies aéronautiques laissent présager une éclaircie inespérée.

Déménager l'aéroport ? Absurde, estime André Clodong, expert en aéronautique. Que ce soit vers un nouveau site ou vers la base de Beauvechain comme cela a déjà été suggéré, cela aurait un "coût pharaonique (…) impensable à envisager dans le contexte financier actuel de la Belgique" et la durée de création d'un nouvel aéroport serait d'au moins quinze à vingt ans, ajoute-t-il.

C'est donc de l'évolution des technologies que pourrait venir la solution tant attendue, avec des avions tout simplement silencieux. "C'est une excellente nouvelle : en 2017, les nouveaux avions qui sortiront des chaînes de production devront être extrêmement moins bruyants qu'aujourd'hui", assure André Clodong.

"Ils seront en fait silencieux, on va diminuer de moitié l'impact du bruit. Et les flottes se renouvèlent maintenant de plus en plus vite, ce qui veut dire que, d'ici 15 ou 20 ans, on devrait continuer à voir les avions, mais on ne devrait plus les entendre."

Moteurs électriques et fuselage de nanoparticules

C'est effectivement la tendance chez les constructeurs aéronautiques. Conscients des nuisances que leurs appareils engendrent, ils développent des appareils extrêmement discrets, à l'image de Sugar Volt, le projet de l'Américain Boeing. Cet avion serait doté d'un moteur hybride, explique Le Parisien : après avoir utilisé du carburant au décollage, il passerait à l'énergie électrique en altitude. Résultat : moins de bruit et 70% de consommation d'énergie en moins.

On peut encore pointer le projet du conglomérat aéronautique californien Northrop Grumman: un avion de 120 places, silencieux et moins gourmand en énergie, car fait d'un fuselage ultraléger en céramique composé de nanoparticules sur lequel l'air glisse de manière très fluide.

Côté français, on s'essaye au tout électrique avec un premier biplace électrique développé par Airbus, l'E-fan. Lors de son vol inaugural, cet avion avait suscité l'enthousiasme d'Arnaud Montebourg, alors ministre français de l'Économie, qui voyait là la première étape vers la production de "générations d’avions électriques de tailles croissantes, jusqu’à la finalité de construire des avions gros-porteurs dans les vingt prochaines années".

Car c'est bien, à long terme, l'objectif des constructeurs. Cela prendra bien entendu des années, mais les long-courriers silencieux seront un jour une réalité et, au fil du temps, nos bruyants appareils la mettront peu à peu en sourdine pour le plus grand plaisir des populations survolées.

T.M.

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