Nucléaire: "Chez nous, c'est différent ? Bien sûr que ça peut arriver"

Olivier Deleuze et Pierre Klees, invités de Matin Première
Olivier Deleuze et Pierre Klees, invités de Matin Première - © RTBF

Le nucléaire est-il encore un mode de production d’énergie crédible aujourd'hui ? La question divise. D'un côté, "la situation est sous contrôle", "les conditions ne sont pas les mêmes en Belgique". De l'autre, "bien sûr que ça peut arriver chez nous", "le nucléaire fait partie du passé".

Peut-on se passer du nucléaire ? Pour Pierre Klees, président du groupe Vinçotte et vice-président de la Commission Energie 2030, qui est chargée de redéfinir la politique énergétique de la Belgique, la réponse est clairement "non". D'après celui qui a été l'un des pères du nucléaire civil belge, "tout accident est source de progrès". Mais avant de se tourner vers l'avenir, faut-il s'inquiéter de l'accident de Fukushima ? 

Pierre Klees l'affirme, "la situation est sous contrôle et évolue". Les choses pourraient-elles déraper ? "Impossible de se prononcer, nous n'avons pas d'informations objectives", explique le vice-président de la Commission Energie 2030. "Le risque industriel s'est manifesté, les cinq réacteurs sont perdus", dit-il. Mais ce qui importe, avant tout la sécurité des japonais. "Et là, les mesures sont prises pour éviter ça". "L'incitation à la peur ne donne pas de résultats positifs", confie Pierre Klees. 

"La perte industrielle ? Peu importe !"

Autre son de cloche dans le studio de Matin Première, celui du chef de groupe Ecolo à la Chambre Olivier Deleuze. Le père de la loi de sortie du nucléaire en Belgique se veut beaucoup plus inquiet. Pour lui, la situation est "hors contrôle". "Il faut savoir tirer leçon des évenements et pas minimiser ce qu'il se passe", martèle-t-il. "La perte industrielle ? Peu importe ! Ce qui est important, c'est le risque d'irradiation et de pollution marine". 

"Les conditions ne sont pas les mêmes chez nous qu'à Fukushima"

Et chez nous, un tel accident serait-il envisageable ? "Le risque est faible", explique Pierre Klees à Bertrand Henne. "Il n'y aura pas de tsunami sur la Meuse". Exit donc l'idée d'un incident de cette nature, "sauf imprévu". Pierre Klees se refuse d'oublier les avantages du nucléaire. Lors de la construction de nouvelles centrales, "il faudra tenir compte des analyses de l'accident de Fukushima... mais avec les paramètres que nous avons chez nous". 

Ce à quoi Olivier Deleuze répond: "Tous les pays disent que 'chez nous, c'est différent!', bien sûr que ça peut arriver", dit-il. La preuve ? "Les sociétés d'assurances refusent d'assurer le nucléaire sans limite", explique ce fervent défenseur de la sortie du nucléaire. "Elles savent qu'il s'agit d'un risque ingérable", dit-il. "Vous vous imaginez évacuer Namur, Anvers et tout le port d'Anvers ? C'est un mal non-nécessaire !

Pour Olivier Deleuze, c'est clair, le nucléaire fait partie du passé. "Il faut se tourner vers l'avenir", conclut-il. 

A. de Callataÿ
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