Nuage: Ryanair remboursera un montant "raisonnable"

Alors que des dizaines de milliers de voyageurs sont toujours bloqués loin de leurs destinations, la capacité et les vols disponibles ne permettant pas de régler immédiatement la situation, la polémique enfle sur les indemnisations, ou leur absence, et les responsabilités pour la paralysie.

La compagnie "low-cost" irlandaise Ryanair avait annoncé mercredi qu'elle ne rembourserait les dépenses de ses passagers, hébergement ou nourriture, qu'à hauteur du billet d'avion acheté pour leur voyage.

Le patron de Ryanair Michael O'Leary, s'était dit prêt à aller en justice, alors même qu'une réglementation européenne prévoit, en théorie, une prise en charge du séjour supplémentaire auxquels sont contraints les passagers en attendant de pouvoir partir.

Michael O'Leary avait mis en cause l'attitude des autorités publiques, qui ont décidé d'interdire les avions de vol. "Pourquoi exactement est-ce qu'on attend des compagnies aériennes qu'elles remboursent les hôtels, les repas et tout le reste quand ce sont le gouvernements qui ont créé ce bordel?"

La compagnie a finalement fait volte-face en maugréant jeudi. Dans un communiqué, Ryanair a annoncé "qu'elle se conformerait au règlement EU261 qui demande aux compagnies aériennes européennes de rembourser aux passagers un montant raisonnable de dépenses assorties de reçus".

La compagnie rappelle que ce règlement ne lui impose pas de payer en outre une compensation, c'est-à-dire des dommages et intérêts forfaitaires, "dans la mesure où la fermeture de l'espace aérien européen au cours des sept derniers jours était au-delà du contrôle des compagnies". Le directeur général de la compagnie Michael O'Leary a cependant espéré jeudi, sur la chaîne Sky News, que les compagnies européennes allaient porter ce cas devant les tribunaux, pour faire modifier la législation.

Un véritable "cafouillage"

De son côté, l'Association des représentants des compagnies aériennes (BAR) au Royaume-Uni a jugé "injuste" d'appliquer une loi "censée s'appliquer aux retards et aux annulations individuels des compagnies, mais pas à la fermeture générale du système aérien imposée par des gouvernements sans limitation dans le temps".

Les deux plus importants tour-opérateurs d'Europe, TUI Travel et Thomas Cook, ont vivement critiqué la gestion par Londres de la crise, dénonçant un "véritable cafouillage".

Même son de cloche côté compagnie aériennes, dont l'Association internationale du transport aérien (IATA) estime les pertes déjà subies à 1,7 milliard de dollars et a critiqué la "pagaille" causée par la réaction européenne.

Giovanni Bisignani, patron de l'IATA avait ainsi appelé mercredi les gouvernements européens à "prendre leurs responsabilités" et à venir en aide aux compagnies, victimes d'une "force majeure, à laquelle nous ne pouvons rien".

Les gouvernements européens, eux, avaient argué au plus fort de la crise que le principe de précaution, les cendres volcaniques peuvent en certains cas se vitrifier dans les réacteurs d'avion, les mettant hors d'usage.

D'autant qu'aucune norme internationale sur le niveau dangereux de concentration de cendres n'existe, selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Les conséquences économiques seront en tout cas lourdes, même hors secteur aérien et tourisme. Des usines jusqu'en Asie ont dû suspendre leur production faute de pièces, des produits périssables ont été perdus et, selon Royal Bank of Scotland, l'absence de millions de salariés coincés a causé une perte de productivité de 500 millions d'euros par jour pour la seule Europe.

A.L. avec AFP

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