Wetteren: pas de nouvelles substances toxiques mesurées

Les dernières analyses écartent les risques d'une évacuation prochaine
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Les dernières analyses écartent les risques d'une évacuation prochaine - © BELGA / NICOLAS MAETERLINCK

Le gouverneur de la province de Flandre orientale Jan Briers avait demandé mardi soir aux habitants de Wetteren, Serskamp et Schellebelle de se préparer à une éventuelle évacuation. Les derniers résultats semblent écarter pour l'instant cette éventualité.

Les équipes techniques effectuaient mardi soir, après les averses qui ont touché la région, de nouvelles mesures de toxicité à Wetteren et dans les environs. Selon les derniers résultats, aucune substance toxique n'a été relévée, a annoncé la commune de Wetteren vers 21h.

Les habitants de Wetteren n'en ont pas fini avec les conséquences de l'accident de train de ce week-end. En début de soirée, le gouverneur de Flandre Orientale avait demandé à environ trois mille personnes de se tenir prêtes à une éventuelle évacuation. Une mesure de prudence liée à une possible montée des eaux, et donc à un transport des gaz toxiques. La faute à un orage qui s'est abattu sur la région.

2 à 3 semaines  avant de pouvoir dégager la voie

La mise en garde du gouverneur venait peu après la déclaration de la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, selon laquelle ill faudra au moins 2 ou 3 semaines avant de pouvoir dégager la voie. Du gaz toxique a été détecté dans d'autres habitations que celles qui ont déjà été évacuées. De très hauts niveaux de toxicité ont été mesurés dans un puits. Pour 47 habitants, il faudra encore passer une semaine au moins hors de chez eux.

Plusieurs options sont possibles pour dégager cette voie, selon Joëlle Milquet. On pourrait par exemple brûler les wagons mais alors ça obliger à évacuer les personnes et à dresser un nouveau périmètre de sécurité. Il faudra aussi faire une analyse du sol, a expliqué la ministre en commission sécurité du rail de la Chambre.

Quatre ingénieurs de l'armée portant des tenues de protection ont effectué une inspection de l'épave du train à l'origine de l'accident survenu samedi à Wetteren, a indiqué mardi après-midi une porte-parole de la Défense.

Des taux à concentration mortelle

On ignore encore les résultats de leur inspection, mais de très hauts niveaux de toxicité ont été mesurés dans un puits situé à l'intersection de deux rues à Wetteren. Ces deux rues ont donc à nouveau été évacuées mardi matin. "Nous y avons mesuré un taux six à huit fois plus important que la concentration létale", a précisé Christian Van de Voorde, des pompiers de Gand.

Plusieurs équipes continuent de mesurer les taux de toxicité en permanence à différents endroits, a encore précisé le centre de crise.

De nouvelles évacuations mardi matin

Après l'accident du train de marchandises dans la nuit de vendredi à samedi, 500 personnes avaient dû être déplacées, dont une partie a pu revenir lundi. Mais de nouvelles mesures ont provoqué l'évacuation de plus d'habitants mardi matin.

Il s'agit de deux rues, la 18-Augustuslaan et la Warandelaan, sous lesquelles court un ancien égout qui une fois contrôlé, a révélé des valeurs hautes en gaz toxique. "Nous y avons mesuré 600 ppm (parties par million), soit un taux six à huit fois plus important que la concentration létale", a précisé Christian Van de Voorde des pompiers de Gand. L'ancien égout va être endigué pour éviter toute propagation.

"Mardi matin, des niveaux élevés de toxicité ont été découverts dans un puits. Par précaution, les habitants de plusieurs rues ont été évacués dans de bonnes conditions de sécurité. Vingt d'entre eux se trouvent dans un centre d'accueil. Entre-temps, il semble que toutes les mesures dans les maisons et dans les égouts de ces rues soient rassurantes, à l'exception de ce puits." Dix équipes continuent à mesurer en permanence à différents endroits, a encore précisé le centre de crise. 

Les personnes à nouveau évacuées mardi font partie des 300 riverains qui avaient été autorisés à rentrer chez eux lundi soir. Pour 47 personnes habitant dans un rayon de 250 mètres autour du lieu de l'accident, l'ordre d'évacuation restera de vigueur au moins une semaine encore.

Le bilan de l'accident est d'un mort et 93 blessés. Les victimes ont été intoxiquées par les émanations de produits chimiques, à la suite de l'explosion de plusieurs wagons d'un train de marchandises à Schellebelle dans la nuit de vendredi à samedi.

Les six unités de la Protection civile mobilisées

Après les unités opérationnelles de la Protection civile de Brasschaat et Liedekerke, celles de Jabbeke, Ghlin, Crisnée et Libramont sont maintenant également engagées à Schellebelle, où leur priorité est de faciliter le retour des riverains dans leur habitation.

L'unité de Jabbeke a apporté au centre d'accueil 94 matelas mis à disposition par la Défense pour des riverains qui ne pouvaient pas rentrer chez eux.

Pour transvaser les 3 millions de litres d'eau d'extinction polluée dans le bateau citerne, 2 pompes à haut débit ont été mises en oeuvre. Le chargement du bateau citerne sera terminé mardi vers 20h. Un autre bateau viendra charger le reste durant la nuit.

Une autre pompe à haut débit a été utilisée pour libérer dans l'Escaut de manière contrôlée de l'eau légèrement polluée. Dans les alentours immédiats de l'accident, de l'eau d'extinction polluée s'est déversée dans un ruisseau. Après l'endiguement de ce ruisseau et l'étouffement des produits toxiques par un tapis de mousse, l'unité opérationnelle de Braschaat a utilisé un container à vide pour aspirer les liquides pollués.

Les habitants qui ne peuvent quitter leur habitations reçoivent de l'eau potable. Au total, 400 berlingots ont été distribués.

RTBF avec VRT et Belga

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