Nouvelle liste attendue des pathologies donnant priorité à la vaccination: une "urgence" pour les dialysés

Illustration d'une unité de dialyse avant Covid-19, unité où ces personnes viennent, pour la plupart, trois fois par semaine, pendant quatre heures.
Illustration d'une unité de dialyse avant Covid-19, unité où ces personnes viennent, pour la plupart, trois fois par semaine, pendant quatre heures. - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Depuis juillet 2020 et sur base de l’avis scientifiques, voici la liste des pathologies donnant priorité à la vaccination pour les moins de 65 ans : l’obésité, le diabète, l’hypertension, les maladies pulmonaires, cardiovasculaires, rénales, hépatiques chroniques et malignités hématologiques.

Une liste qui doit être mise à jour car depuis, nos connaissances sur le virus et ses conséquences ont évolué. Depuis plusieurs semaines, les ministres belges de la Santé en discutent. Le sujet est sensible. Ce mercredi, ils doivent approuver une liste finalisée par le Conseil supérieur de la santé (CSS).

Parmi les pathologies qui pourraient s’ajouter à cette liste, l’infectiologue, Yves Van Laethem, président de ce groupe de travail, en a déjà cité quelques-unes vendredi dernier :

  • des maladies rares, dont des pathologies neuromusculaires rares ;
  • des greffés ;
  • des personnes trisomiques ;
  • et les insuffisants rénaux.

Une "urgence" pour les personnes dialysées

Reste que cette deuxième phase de vaccination ne devrait, a priori, pas démarrer avant la mi-mars, voire fin mars – début avril. Un délai beaucoup trop long pour les personnes dialysées, estime le Dr Jean-Marc Desmet, néphrologue et président du Groupement des Néphrologues francophones de Belgique : "Il faut savoir qu’un jeune patient dialysé, qui a 30-40 ans, a un risque de mortalité, de par ses comorbidités, mille fois plus supérieur qu’une personne du même âge qui n’a pas ces comorbidités. Parce qu’il cumule une multitude de facteurs de risques cardiovasculaires, hypertension, diabète, etc."

Plusieurs études démontrent d’ailleurs que "c’est une population très à risque d’être hospitalisée et donc d’engorger davantage les hôpitaux. Il y a une étude américaine qui a montré qu’un patient dialysé a onze fois plus de risques d’être hospitalisé, un patient transplanté, quatorze fois plus".

Sans compter que leur traitement leur fait prendre beaucoup de risques : "La particularité des patients dialysés, c’est d’être contraints de devoir venir en milieu hospitalier, pour la plupart, trois fois par semaine, pendant quatre heures. Ce qui fait que ce sont des patients fragiles, mais qui en plus ne peuvent pas se confiner".

Résultat : ce groupe de patients, qui représente à peu près 10.000 personnes en Belgique, a déjà payé un lourd tribut avec le coronavirus, entre 200 et 250 décès en 2020 en Belgique.

Une vaccination qui peut sauver des dizaines de vies

Attendre la fin mars pour les vacciner, pour le Dr Desmet, c’est donc hypothéquer des vies : "Deux mois… Il suffit de voir nos statistiques de contaminations, de décès des patients pour se dire que très concrètement, avec ces vaccins pour cette population-là, on va sauver des vies ! Et cela se compte en dizaines".

Raison pour laquelle, cela fait des mois, que le Dr Desmet et ses collègues tentent d’alerter le monde politique. D'ailleurs, en France, ce groupe cible est prioritaire à la vaccination depuis la mi-janvier. Chez nous, selon nos informations, le sujet, en tout cas, est sur la table du collège du CCS.

Ces néphrologues espèrent aussi que ces patients puissent être vaccinés dans les centres ou unités où ils suivent leur dialyse, histoire d’éviter des contaminations inutiles vu leur fragilité liée à leur pathologie.

Précisons également que pour ces personnes prioritaires, la fourchette d’âge a d’ores et déjà été élargie. Désormais, elle concerne toutes les personnes âgées de 18 à 65 ans. Avant la priorité était donnée uniquement à partir de 45 ans.

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