Nouvelle enquête Sciensano: hausse très inquiétante des dépressions et des pensées suicidaires

Alors que les mesures restreignant les contacts proches n'ont plus réellement été assouplies depuis octobre 2020, les Belges expriment de plus en plus une grande insatisfaction à l’égard de leur vie sociale et une souffrance mentale toujours plus présente:  selon la nouvelle enquête de santé COVID-19, qui a interrogé plus de 20.000 personnes entre le 18 et 25 mars 2021,  63 % de la population adulte est insatisfaite à l’égard de ses contacts sociaux actuels et près d’un tiers de celle-ci éprouve un sentiment de solitude important (29 %).

Plus inquiétant encore, au cours de l’année écoulée, soit depuis le début de l’épidémie en Belgique, une personne sur 4 (26 %) dit avoir eu des pensées suicidaires et 7 % des personnes rapportent avoir fait une tentative de suicide.

Des chiffres étonnamment élevés, puisque les tentatives de suicide au cours des 12 mois écoulés ne concernaient que 0,2 % de la population de 18 ans et plus en 2018, selon l’enquête nationale de santé.


 

Besoin de parler? Appelez le 0800 32 123 

La ligne d’écoute du Centre de Prévention du Suicide offre un recours ponctuel, accessible immédiatement et gratuitement à toute personne qui souhaite parler.

L’anonymat et le secret du dialogue, qui y sont de règle, favorisent la liberté d’expression.

 


 

"Moi aussi j’étais un peu incrédule, mais ce sont les chiffres que nous avons recueillis" explique Lydia Gisle, chercheuse chez Sciensano. Des chiffres qui seraient donc en nette augmentation par rapport aux autres années, mais aussi par rapport au début de la crise. "On a beaucoup parlé de santé mentale, de difficultés, peut-être y a-t-il eu un peu de surenchère, mais c'est en tout cas ce qui a été exprimé".

Ces chiffres sont cependant en ligne avec le mal-être ressenti par une majorité de la population par rapport à ses contacts sociaux. Près d’un tiers de la population éprouve un sentiment de solitude important (29 %).

Etonnement, ce sont les 30-49 ans et les 50-64 ans qui manifestent le plus leur désarroi social, avec respectivement 69 % et 65 % d’insatisfaits à propos de leurs contacts sociaux.

  • Les couples avec enfant(s) s’avèrent être les plus insatisfaits vis-à-vis de leur vie sociale (70 %), suivis des personnes vivant seules avec enfant(s) (69 %).
  • Les personnes en situation d’handicap ou d’invalidité indiquent aussi plus souvent être insatisfaites de leurs contacts sociaux (73 %).
  • Les personnes qui ont au moins une maladie qui augmente le risque de développer une forme sévère de COVID-19 sont plus souvent insatisfaites de leurs contacts sociaux que celles qui n’ont déclaré aucune de ces maladies (67,5 % contre 62 %, respectivement).

Non-respect des mesures: elles sont trop strictes

Alors que le non-respect des mesures mises en place pour freiner l’épidémie tend à augmenter depuis l’enquête de décembre 2020, la moitié des personnes qui ne les respectent pas invoquent que les mesures sont trop strictes (49 %).

La plupart de ces personnes (67 %) ajoutent être malgré tout très prudentes face à la propagation du virus. La mesure qui est la moins suivie est la restriction des contacts rapprochés à une seule personne, suivie de la mesure de distanciation sociale.

D’autre part, depuis un an, près de la moitié (48 %) des Belges s’est fait tester pour une infection au coronavirus. Par ailleurs, seuls 9 % des personnes interrogées ne sont pas encore certaines de vouloir se faire vacciner et 6 % indiquent ne pas vouloir se faire vacciner. Au total, 85 % de la population aurait bien l’intention de se faire vacciner contre le coronavirus.

Les tentatives de suicide en augmentation chez les enfants (JT du 09/03/2021)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK