Nouvel espoir pour les paraplégiques: remarcher avec les nouvelles technologies

Nouvel espoir pour les paraplégiques: remarcher avec les nouvelles technologies
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Nouvel espoir pour les paraplégiques: remarcher avec les nouvelles technologies - © Tous droits réservés

Faire remarcher des paraplégiques grâce aux nouvelles technologies. Une équipe de scientifiques suisses est parvenue à obtenir des progrès substantiels en parvenant à reconnecter le cerveau de ces personnes handicapées avec les nerfs périphériques commandant les muscles paralysés. Sur trois participants au programme, deux parviennent déjà à marcher 100 à 200 mètres, aidé d'un déambulateur mais de manière autonome. Un espoir de progrès pour beaucoup, publié dans la prestigieuse revue "Nature" mercredi.

L’équipe suisse de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de l'Hôpital universitaire de Lausanne (CHUV), composée d’une trentaine de personnes, a choisi trois patients. Tous paralysés partiellement à la suite d’un accident depuis au moins quatre ans. David M. de Zurich (Suisse), 28 ans, paralysé à la suite d'un accident de sport en 2010 ; Gert-Jan Oskam, 35 ans, des Pays-Bas, victime d'un accident de vélo en Chine en 2011 et Sebastian Tobler, 47 ans, de Fribourg (Suisse), le plus gravement atteint, accidenté de VTT en 2013.

Des patients qui avaient encore des sensations au niveau des jambes mais ne parvenaient plus à les mouvoir. A l'aide de 16 électrodes implantés dans la moelle épinière avec la précision d’un horloger, des stimulations électriques ont été synchronisées avec les mouvements de la marche. Les stimulations délivrent un courant électrique qui amplifie l'influx nerveux résiduel envoyé par le cerveau. Les patients marchent en actionnant le courant électrique à l'aide d'un boitier, une montre. Résultat : après quelques semaines seulement, les trois participants ont pu retrouver le contrôle partiel des mouvements de leurs jambes. Et parcourir seul quelques centaines de mètres et se tenir debout. 

L'expérience comprend deux phases : dans la première, la stimulation - de manière discontinue - permet une activation des muscles et augmente l'endurance à l'entraînement. Dans une 2ème phase, on commence à voir une récupération neurologique. Et c'est là le plus extraordinaire : les trois patients ont pu conserver le contrôle volontaire de leurs jambes, même après l'arrêt de la stimulation électrique.

La stimulation réveille les nerfs abimés

Des études américaines précédentes parues récemment ont montré une capacité de faire quelques pas avec des aides à la marche, mais uniquement avec une stimulation continue. Après quelques temps ici, la stimulation électrique semble réveiller les nerfs abîmés qui "repoussent" et se reconnectent au cerveau et ça c'est une première scientifique. Les progrès semblaient acquis car les nerfs, rééduqués, remplissaient à nouveau leur mission de transmetteurs entre le cerveau et les muscles. La piste suisse va donc plus loin : un pas de géant dans la recherche sur les blessés de la moelle épinière.

Grégoire Courtine, chercheur à Lausanne : "Le fait qu'ils essaient d'activer leurs muscles et que la stimulation électrique active la même région de la moelle épinière, cette coïncidence entre les nerfs du cerveau et la stimulation fait que les nerfs repoussent exactement à cette localisation". Ce bourgeonnement local de fibres nerveuses a permis à deux des trois patients de pouvoir marcher 100 à 200 mètres de manière autonome à l’aide d’un déambulateur. Pas question à ce stade de marcher normalement mais la direction prise par les chercheurs paraît prometteuse.

Les trois hommes sont désormais rentrés chez eux et ils y continuent leurs exercices.

La volonté, côté scientifique, est d'explorer à présent le même type de traitement mais à appliquer très tôt, dès l'accident, dès la lésion à l’origine de la paralysie. L’équipe suisse s'apprête maintenant lancer une étude avec une vingtaine de participants ayant le même type de profils.

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