Nous sommes de plus en plus intolérants à notre alimentation

Les intolérances et allergies alimentaires prennent de plus en plus d’ampleur dans notre quotidien. Une personne sur quatre serait par exemple intolérante au lactose. Des rayons "sans gluten" font leur apparition dans les supermarchés et le lait sans lactose, le lait de riz et de soja côtoient également le traditionnel lait de vache. Des supermarchés, épiceries, aux restaurateurs en passant par les marchands ambulants : un nouveau marché voit aujourd’hui le jour.

Un nouveau marché

A chaque intolérance, sa couleur. Dans l'échoppe de Nathalie, quiches, pizzas ou gâteaux sont associés à des gommettes vertes, jaunes et rouges, à savoir, sans gluten, sans lait, ou sans œufs. But recherché : trouver des alternatives en essayant de ne pas altérer le goût. "J'ai commencé à faire de la mousse au chocolat, moitié orange, moitié chocolat, sans addition de sucre, ni œuf, ni beurre", dit Nathalie qui a ensuite augmenté le choix de ses préparations.

La demande augmente, et l’offre également. Dans sa cuisine transformée en mini laboratoire, Véronique créer avant tout de bons petits plats, mais que ses clients peuvent manger : "Aujourd'hui, trois tables ont demandé des plats sans lactose ou sans gluten et parfois les deux", explique-t-elle.  

L'intestin : le nœud du problème

En 1976, un médecin britannique faisait déjà le lien entre la consommation de blé et des migraines chroniques chez certains patients. Mais le corps médical a surtout commencé à s'intéresser aux intolérances alimentaires il y a dix ans.

Viviane Ruelle est médecin – nutritionniste : "On voit qu'on fait un lien entre type d'alimentation au quotidien et inflammation de l'intestin", précise-t-elle. 

Les intolérances aux œufs, au gluten et aux protéines de lait seraient provoquées par une fragilité de l'intestin. Pour Viviane Ruelle, "certains antigènes alimentaires peuvent passer la barrière intestinale et aller 'encrasser' l'organisme, et donc occasionner des pathologies articulaires chroniques,…". Mais il y a aussi le psoriasis, les migraines, ou encore les dépressions.

En réalité, le corps réagit à ces aliments comme si c'était des agresseurs, et il fabrique des anticorps, ce qui affaiblit notre système immunitaire.

Pourquoi serait-on plus intolérant qu'il y a un siècle?

"La qualité des aliments a changé et les gens ont tendance à manger plus", dit le docteur Ruelle. Les produits laitiers surconsommés par exemple, ont tendance à enflammer plus vite l’intestin ce qui engendre une immunité plus fragile.

Ces recherches sur le rapport entre intestin et le système immunitaire ne font que commencer en Belgique, mais notre pays est à la traîne par rapport à ses voisins français et allemands.

I.L. avec Odile Leherte

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK