D. Murgia: "Nous sommes capables de sortir de cette austérité injuste"

David Murgia: "Nous sommes capables de sortir de cette austérité injuste et inefficace"
David Murgia: "Nous sommes capables de sortir de cette austérité injuste et inefficace" - © Tous droits réservés

Le comédien David Murgia est à l’origine de l’initiative "Tout autre chose", un mouvement citoyen qui veut penser les alternatives à l’austérité. Il le constate comme de nombreux citoyens : une multitude d'alternatives à l'austérité et aux politiques libérales existent. Pourtant, elles ont du mal à avoir voix au chapitre face au discours dominant. Pour notre invité, il faut "réunir les volontés".

"Tout autre chose", c'est, si l'on en croit le site de l'initiative, "un mouvement citoyen qui refuse le discours de nos gouvernants affirmant qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité".

Un concurrent aux syndicats et aux partis de gauche ? "Il semble que ces organisations ne suffisent pas", constate David Murgia, qui pointe la victoire du discours libéral et du dogme de l'austérité en Europe. Mais il ne veut pas court-circuiter ces mouvements préexistants. Au contraire, selon lui, son initiative "vient soutenir les nombreuses dynamiques" en place et celles qui ont récemment vu le jour (Acteur des temps présents, Alternative à l'Austérité, Stop article 63§2,...).

"Il existe déjà beaucoup de dynamiques qui tentent de réagir à des coupes budgétaires particulières. Aujourd'hui, il est temps de réagir contre le plan d’austérité dans son ensemble et de mutualiser toutes ces réflexions, de les mettre en commun d’avoir des actions larges", s'enthousiasme le comédien qu'on a notamment pu voir dans "Rundskop" de Michael Roskam.

L'invité de Bertrand Henne, estime que l'époque est mûre et qu'il est temps pour des citoyens qui ne trouvent pas les moyens de s’engager à travers les syndicats ou des partis politiques, de s'engager via d'autres alternatives. Alternatives que vise justement à canaliser "Tout autre chose".

Il appelle les citoyens à ne pas se résigner face à "un discours fataliste, univoque: celui qui dit qu’il n’existe aucune alternative. Il est temps de lutter", assène le natif de Verviers.

"On nous dit 'Il n’y a qu’une seule manière de créer de l’emploi, de penser: c’est faire confiance aux entreprises'"

Le comédien engagé dénonce encore avec force ce que les décideurs "affirment avec une violence éhontée": faire croire qu’il n’y a pas d’alternative, "qu’il n’y a qu’une seule manière de faire de la fiscalité, de créer de l’emploi, de penser : c’est faire confiance aux entreprises".

Au contraire, selon lui, et la constellation d'initiatives citoyennes anti-austérité précitée le prouve, il existe bel et bien une multitude d'alternatives. Des alternatives qui doivent être pratiquées par ce que l'austérité que s'infligent les sociétés aujourd'hui ont prouvé qu'elles étaient non seulement très pénibles à vivre pour une grande majorité de la population mais en outre qu'elles ne permettaient en rien d'obtenir les résultats escomptés. "Nous sommes capables de penser autrement et de sortir de ces plans d’austérité qui ont échoué partout, qui sont injustes et inefficaces".

Aucun lien avec le PTB, pas d'ambition de devenir un parti

David Murgia veut couper court à toute intention qu'on pourrait lui prêter de vouloir créer un nouveau parti à partir de cette initiative citoyenne. "L’heure est à rendre audibles toutes les voix qui pensent qu’il y a une alternative", martèle-t-il après avoir préciser sans ambiguïté que "tout autre chose" n'avait pas vocation à muter en formation politique. Et pour ce qui est du présent, contrairement à ce que certains ont pu affirmer ci et là sur certains forums, le mouvement n'est "absolument pas lié au PTB, ni à aucun parti".

Mais qu'espèrent donc les initiateurs de "Tout autre chose" in fine? "Nous n'espérons pas, nous sommes en train de faire", rétorque le jeune acteur. "Il est urgent que les gens fassent aujourd'hui. Des mesures très sévères sont en train de passer, signer notre appel, c’est déjà légitimer le fait qu’on a le droit de penser autrement".

Restera à définir ce qui devrait être mis en place après la phase de réflexion. Car si des alternatives existent, l'invité lui-même a été bien en peine de donner un exemple concret d'alternative qui ait fonctionné à un niveau un tant soit peu significatif en Europe. Si le temps est à la lutte, celle-ci s'annonce donc encore bien compliquée.

"C’est très difficile d’organiser des choses autrement, de construire dans la pratique un terrain à côté de la pensée dominante", reconnaît l'invité de Matin première. "C’est éreintant".

@julienvlass

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