Notre feuilleton au CHR de Liège, dernier épisode !

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Dernière étape pour notre feuilleton au coeur du CHR de Liège. Dernière porte entrouverte au sein de la ruche immense qu'est cet hôpital. C'est le travail des médiateurs qui est mis en lumière. Comme chaque jour, notre journaliste Emmanuel Morimont nous livre ses impressions de tournage.

Le CHR, des soins et de lhumain  Dernier jour de tournage. A chaque jour, un univers différent. La fin de laventure ne déroge pas à la règle. On découvre le service de médiation interculturelle et le service social. A titre personnel, je peux dire que cest mon petit coup de cur de la semaine. Jy ai trouvé des gens profondément « humains ». Pas que ce nétait pas le cas dans les autres services. Mais, ici,  lhumanité est une obligation professionnelle. Il faut sans cesse sintéresser aux autres et comprendre leur réalité. Chaque année au CHR de la Citadelle, on compte 65000 admissions, 70 000 passages aux urgences. Beaucoup sont de simples formalités. Dautres sont plus complexes. Liège, cest aussi une population dorigine étrangère. Certains ne parlent pas le français. Comme les autres, ils ont le droit dêtre soignés correctement. Les médiatrices interculturelles sont là pour les aider. Serbo-croate, russe, turc, arabe ou encore langue des signes, elles ont chacune leur spécialités. La médiation, cest évidemment un travail de traduction entre patient, personnel soignant ou encore assistants sociaux. Mais, ça ne se résume quà cette simple tâche. Une part importante du métier consiste à gérer les différences, les conflits liés à la culture. Bref, cest comprendre lautre et jeter des ponts entre deux univers parfois très éloignés. On les appelle « les passeuses de culture ». Belle expression. « Nous allons vous demander de mettre un masque », prévient Maricia, une assistante sociale. Elle nous emmène avec Khalida, une médiatrice de langue arabe, à la rencontre dun patient tuberculeux qui se trouve en isolement médical. La tuberculose se transmet par la salive et les postillons. Nous voilà tous masqués. Le patient veut conserver lanonymat. Il est originaire de Tunisie et se trouve en situation illégale en Belgique. Nous lui garantissons quil ne pourra pas être reconnu. Il est lui aussi masqué et préfère garder une capuche sur la tête. Même sil nest pas en règle avec lEtat belge, ce patient sera soigné comme un autre. Le CHR ne peut pas le laisser à son triste sort. Dautant plus sil souffre dune maladie aussi contagieuse que la tuberculose. Cest une réalité de terrain que certains hôpitaux rencontrent de plus en plus. Ils ont le devoir daccepter les illégaux et dans pareil cas, le secret professionnel sera aussi strictement respecté. La notion de service public prend tout son sens. Dans notre monde de productivité et dargent, un hôpital oublie sa rentabilité pour souvrir à tous sans exception. Je trouve ça parfaitement louable même si cette opinion nengage que moi. On imagine bien la détresse de ce patient : loin de chez lui, isolement médical et en plus il ne parle pas français. Pas à pas, Khalida et Maricia laident à sen sortir, à proposer des dépistages gratuits à son entourage, à poursuivre son traitement lorsquil sortira. La Tuberculose nest pas une maladie à prendre à la légère. Quel réconfort ce doit être pour cet homme de pouvoir être entendu dans sa propre langue ! Cette rencontre est, pour ma part, la plus forte de notre tournage. Les médiatrices interculturelles et les assistantes sociales sont confrontées à des formes de précarités de plus en plus profondes. Il faut être solide nerveusement pour assumer ces fonctions. Notre aventure touche déjà à sa fin. Après 6 jours de découverte, on quitte les lieux. On a beaucoup appris. On a fait plein de rencontres. On a vu autre chose que la série Urgences. Je vous mentirais si je vous disais que ce tournage a été du début à la fin excitant et palpitant. Il y a eu des moments dattentes, des difficultés parfois même des interdictions (Les portes de la morgue nous ont été fermées). Mais, cest propre à chaque reportage. Le plus important à mon sens est davoir porté un regard différent sur cet hôpital, davoir mis un coup de projecteur sur tous ces travailleurs de lombre sans qui rien nest possible. On na pas servi la même soupe. 

Je m'en voudrais de conclure sans tirer un coup de chapeau à mon équipe. Nicolas Docq, à la camera et Yvan Geeraert, à la prise de son, ont suivi et compris mes choix avec beaucoup dintelligence. Ils y ont clairement apporté une valeur ajoutée. Une dernière pensée pour le monteur, Simon Bemelmans. Pendant 7 jours, il a donné un sens au travail de ces 3 autres collègues avec beaucoup de talent. Merci.

 

(E. Morimont)  

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