Nos techniques scientifiques peuvent-elles résoudre l'enquête sur les Tueurs du Brabant?

Nos connaissances techniques et scientifiques pour résoudre l'enquête sur les Tueurs du Brabant
Nos connaissances techniques et scientifiques pour résoudre l'enquête sur les Tueurs du Brabant - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Les techniques actuelles d’enquête s’appuient en grande partie sur les traces ADN et les relevés téléphoniques. Des techniques qui n’existaient pas à l’époque des tueurs du Brabant. Nos connaissances d’aujourd’hui pourraient-elles résoudre l’enquête d’hier ?

Aujourd’hui, une enquête rime avec traces ADN, base de données balistiques ou encore relevé de téléphonie. En 30 ans, ces techniques ont été largement affinées.

La scène de crime

Hier, il n’était pas rare pour un enquêteur d’ouvrir une fenêtre parce qu’il avait trop chaud. Aujourd’hui, un tel geste serait impensable. Les agents des laboratoires de police technique et scientifique portent une combinaison, un masque, une charlotte sur la tête. Toutes les protections possibles sont prises pour éviter une contamination de la scène de crime.

Les pièces à conviction sont également prélevées avec le plus grand soin. Emballées dans des sachets dont la traçabilité est assurée.

L’ADN

Hier, il n’y avait pas de base de données ADN. Si on prélevait une trace sur une scène de crime, celle-ci ne pouvait être comparée qu’aux autres traces versées au dossier. Aujourd’hui, chaque trace ADN peut être comparée et analysée dans les bases de données nationales et internationales.

Pour Bertrand Renard, docteur en criminologie à l’INCC, l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie, l’ADN est devenu le meilleur allié des enquêteurs. " L’intérêt de l’ADN, ce n’est pas forcément l’identification, mais bien de pouvoir fixer des priorités dans l’enquête. Si on a une trace concordante, on sait que c’est la bonne piste à creuser " explique-t-il.

Les armes

Bertrand Renard rappelle que, dans le dossier des Tueurs du Brabant, des armes ont été analysées, des expertises ont été faites. Mais il rappelle aussi que nous ne disposions pas de base de données balistiques. Aujourd’hui, les bases de données nous permettent de comparer chaque tir avec un tir de référence fait en laboratoire.

Pour André Chabotier, chercheur en balistique à l'École Royale Militaire, le Riot gun retrouvé dans le canal pourrait être analysé s'il n’est pas trop rouillé. "On pourrait faire des tests balistiques. Avec de l'acide, on peut aussi révéler un numéro de série qui aurait été effacé" avance-t-il.

Relevé téléphonique

Aujourd’hui, les écoutes téléphoniques sont souvent confondantes dans les enquêtes. À l’époque, les GSM n’existaient pas. Localiser un suspect dès qu’il passe un coup de fil relevait encore de la fiction.

Alors pourrait-on résoudre cette énigme judiciaire aujourd’hui ?

Pour Vanessa Vanvooren, responsable du laboratoire ADN de l’INCC, analyser les anciennes pièces à conviction serait sans doute peu concluant. " Les pièces à conviction n’ont pas été récoltées dans les meilleures conditions. Elles ont été mal prélevées et parfois aussi mal conservées " précise-t-elle. Les traces ADN sont d’ailleurs très sensibles à la chaleur ou encore à l’humidité.

Ceci étant dit, pour Bertrand Renard, si une affaire similaire aux tueries du Brabant devait se dérouler aujourd’hui, il ne fait nul doute que l’enquête serait résolue bien plus rapidement.

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