Non-respect des feux, équipements défaillants, utilisation du GSM : les derniers chiffres des infractions commises par les cyclistes

Plus de 6000 p.-v. dressés contre les cyclistes au premier semestre 2020.
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Plus de 6000 p.-v. dressés contre les cyclistes au premier semestre 2020. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

6131 infractions ! C’est le nombre de procès-verbaux dressés à l’endroit des cyclistes lors du premier semestre de l’année 2020. Ce chiffre, le plus à jour, a été communiqué par le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) en réponse à une question écrite du député Vincent Scourneau (MR).

Rouler à vélo, c’est bon pour la santé et pour l’environnement. Mais les cyclistes sont également tenus de respecter les règles du Code de la route. Qu’englobent donc ces plus de 6000 infractions, reprises par Centrex, le centre d'expertise de la circulation routière des polices fédérale et locales ? Voici le détail.

  • Les conditions techniques

Première infraction, avec plus de 1500 p.-v., les conditions techniques. En d’autres termes, un vélo qui circule sans l’équipement obligatoire. Par équipement obligatoire, la législation entend : une sonnette, des freins à l’avant et à l’arrière en état de marche, une lumière blanche ou jaune à l’avant et une lumière rouge à l’arrière, un catadioptre blanc à l’avant et un catadioptre rouge à l’arrière, des catadioptres sur les pédales, des catadioptres dans les roues ou des pneus à flancs réfléchissants.

"Même si ce n’est pas obligatoire, porter un casque ou une chasuble auto-réfléchissante, ne peut qu’augmenter la sécurité et tout spécialement celle des enfants", précise encore le SPF Mobilité. Les vélos pour enfants, les vélos de course et VTT ne doivent pas être équipés de lumières ou de catadioptres, "à moins que vous ne rouliez dans l'obscurité".

  • Non-respect des feux tricolores

Un peu plus de 1300 amendes concernaient, au premier semestre 2020, des cyclistes qui n’ont pas respecté les feux de signalisation. Ce sont notamment celles et ceux qui ont brûlé un feu rouge ou qui ont traversé une rue alors que le feu cycliste n’est pas passé au vert. "Un cycliste sait très bien qu’il ne faut pas brûler un feu de signalisation", explique Benoit Godart, porte-parole de VIAS, l’institut belge pour la sécurité routière.

"Mais il faut scinder la situation spécifique à Bruxelles avec la généralisation depuis quelques années des panneaux B22 et B23.Ces panneaux autorisent le tourne-à-droite (sans priorité) même lorsque le feu est rouge. "Dans son trajet, un cycliste peut être tenté, après deux ou trois panneaux B22 et B23, de franchir le quatrième feu alors qu’à cet endroit, ce n’est pas autorisé. C’est un risque."

  • Non-utilisation de la piste cyclable

Lorsqu’une piste cyclable est tracée et lorsque le marquage n’est pas effacé, le cycliste est dans l’obligation de l’utiliser. Dans le cas contraire, la police peut le verbaliser. 1303 infractions ont été commises lors des six premiers mois de l’année dernière, pour non-utilisation de la piste cyclable

  • Utilisation du GSM

A l’arrêt ou en mouvement, un cycliste ne peut pas utiliser son smartphone, comme un automobiliste au volant de son véhicule. Son attention n’est plus portée sur sa conduite et son environnement direct. Il représente alors un danger pour lui-même et les autres usagers de la route.

Plus de 570 p.-v. ont été dressés au cours des six premiers de 2020 pour utilisation du GSM. Une infraction encore trop courante. "Pas plus tard qu’hier, j’ai vu un cycliste, smartphone en main, en train de le consulter, et qui traversait un carrefour", fait part le porte-parole de VIAS.

  • Non-respect des panneaux d’interdiction

Un cycliste peut circuler partout, en théorie, sauf si un panneau lui indique le contraire. On pense à des espaces verts, des tunnels routiers… Plus de 550 infractions ont été constatées. "L’interdiction peut aussi être d’application sur certains piétonniers", rappelle Benoît Godart.

  • Utilisation des feux

Avoir un deux-roues équipé de ses feux, c’est une chose. Encore faut-il les allumer la nuit tombée ou lorsque la visibilité n’est pas idéale. On dénombre 552 p.-v. dressés à l’encontre de cyclistes qui ne respectent pas cette règle.

  • Alcool et drogues

Rouler sous influence de l’alcool ou de la drogue, c’est interdit pour un cycliste, comme pour un automobiliste. La police peut faire souffler un cycliste dans un ballon ou procéder à un contrôle pour détecter si l’usager est sous l’influence de stupéfiants. L’an dernier, de janvier à juin, 139 contrôles positifs ont été encodés dans les bases de données de Centrex, 

  • Transport de personnes

On roule seul sur son vélo, sauf si on possède un siège à l’arrière ou un cargo à l’avant pour transporter son ou ses enfants. Il arrive toutefois de croiser des personnes à deux sur un deux-roues, une personne assise sur la selle, l’autre sur le cadre. C’est évident dangereux et interdit. 41 p.-v. ont été dressés contre ces infractions.

  • Conclusion

Le premier semestre 2020, on l’a dit, ce sont 6131 procès-verbaux. Pour l’ensemble de l’année 2019, la police a comptabilisé 15.274 p.-v. et 15.791 en 2018. Va-t-on dès lors vers une année 2020 avec des cyclistes plus nombreux sur les routes et en même temps plus respectueux du code de la route ?

Nuance, dit Benoit Godart. Avec le confinement et la crise sanitaire, il y a plus de cyclistes sur nos routes, les aménagements cyclables ont été multipliés, notamment à Bruxelles. "Mais dans le même temps, il y a eu moins de contrôles de police. C’est un constat global que l’on retrouve aussi pour d’autres infractions routières. La raison est qu’avec le coronavirus, les forces de police ont eu d’autres priorités à gérer."

En tout cas, avec 15.000 infractions en moyenne par an pour les cyclistes, on est loin des 5 millions d’infractions de roulage des automobilistes.

 

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