Non, on ne fête pas le lundi perdu qu'à Tournai…

Non, on ne fête pas le lundi perdu qu'à Tournai...
Non, on ne fête pas le lundi perdu qu'à Tournai... - © Tous droits réservés

À entendre certains dirigeants politiques de part et d’autre de la frontière linguistique, on pourrait croire que néerlandophones et francophones ne partagent plus rien sur le plan culturel… Et pourtant, certaines traditions sont les mêmes dans le nord et le sud du pays…

Le lundi qui suit l’Épiphanie est une journée particulière pour les Tournaisiens, on fête le "Lundi perdu" ou le "Lundi Parjuré". Cette tradition qui remonte au 13e siècle trouve son origine dans le fait que, pour célébrer la journée, le travail était arrêté, c’était donc une journée perdue pour le travail.

Aujourd’hui, la tradition se perpétue et on mange ce jour-là des spécialités culinaires. "L’pétite saucisse" sert d’entrée, une petite saucisse est servie avec de la compote de pommes ou du chou cuit au saindoux. Mais c’est surtout "le lapin aux preones et aux raisins" qui constitue le plat typique de ce repas. Ce "lapin à la tournaisienne" est servi avec des pruneaux et des raisins et se déguste accompagné de pommes de terre cuites à l’eau ou la vapeur.

En début de repas, on tire les "billets des Rois", afin d’attribuer à chaque convive un rôle déterminé, dont celui de "Roi". A signaler que chaque fois que le roi boit, les convives doivent boire aussi.

Une tradition aussi anversoise

Il n’y a pas qu’à Tournai que l’on célèbre le lundi perdu : dans une autre ville traversée par l’Escaut, les habitants perpétuent aussi cette tradition. Seulement, dans la métropole anversoise, on ne mange pas de lapin, mais un pain saucisse et des boules aux pommes sucrées entourées de pâte feuilletée.

L’origine de cette tradition semble la même à Anvers et à Tournai : les guildes ont organisé leur fête du Nouvel An le premier lundi après l’Epiphanie, ce qui résulte en un "Lundi perdu" pour les travailleurs. Le matin, on lisait le livre de la guilde dans la Halle aux Draps d’Anvers (sur la Grande Place), après quoi les nouveaux membres de la guilde prêtaient serment. Après cet événement, tout le monde se rendait dans les auberges locales pour célébrer la prestation de serment. Les aubergistes voulaient garder ces clients à l’intérieur le plus longtemps possible, afin de gagner de l’argent ce jour-là.

C’est pourquoi ils ont proposé à leurs clients un en-cas salé : des saucisses bon marché et grasses, recouvertes de pâte pour absorber la graisse. Lorsque la pâte avait absorbé la graisse, elle était donnée aux chiens et les clients des auberges dévoraient la saucisse. Plus tard, dans les périodes de pénurie alimentaire, on mangeait aussi la pâte avec elle, c’est de là que vient le pain saucisse.

Reportage sur le lundi perdu dans la cité des 5 clochers (9 janvier 2017):

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