Nombre record d'indépendants en Belgique

Indépendants: l'exemple de Molengeek
Indépendants: l'exemple de Molengeek - © RTBF

Selon le SPF Classes moyennes et Indépendants, le nombre d’indépendants a atteint un sommet : 1 050 402 indépendants, toutes catégories confondues (à titre principal, à titre complémentaire et actifs après pension).

Pour les indépendants à titre principal, cela représenterait une augmentation de 2,66% entre le 1er janvier 2015 et le 30 septembre 2016. Une hausse que le ministre Willy Borsus (MR) attribue à l’action gouvernementale : " On constate très largement que l’amélioration considérable du statut social des indépendants encourage de nombreux Belges à franchir le pas de l’aventure entrepreneuriale ".

Trouver son emploi

De nombreux jeunes, spécialement à Bruxelles, choisissent cependant le statut d’indépendant car c’est la seule manière pour eux d’accéder au marché du travail. Ibrahim Ouassari, habitant Molenbeek, a quitté l’école secondaire sans aucun diplôme en poche. Aujourd’hui, autodidacte de 38 ans, il est à la tête de quatre sociétés dans le domaine du conseil et des nouvelles technologies. Un succès qu’il doit au statut d’indépendant : " J’ai cherché énormément de travail en tant qu’employé. J’ai envoyé des CV un peu partout. Ca ne marchait pas beaucoup. On ne m’a pas recruté. Donc, je me suis lancé comme indépendant, et là, toutes les portes se sont ouvertes devant moi car il y a moins de risques pour l’employeur de se tromper ".

Ibrahim a voulu partager son expérience : en 2016, il crée Molengeek avec Julie Foulon, un espace gratuit entièrement dédié aux jeunes entrepreneurs dans l’innovation et les nouvelles technologies. La communauté de Molengeek compte déjà 150 membres, dont 50 fidèles présents chaque semaine.

Joachim Chapelle, 32 ans,  est le dernier arrivé de cette communauté de geeks. Employé dans une grosse boîte d’informatique, à la limite du burn-out, il a lâché son CDI pour tenter l’aventure et proposer des sites internet à des associations et des artistes. " Ce n’est pas facile, mais le fait d’être son propre patron, c’est une grande liberté, même s’il n’y a pas la même sécurité ou la même stabilité qu’en étant fonctionnaire ou employé ", confie-t-il.

Ibrahim Ouassari n’est pas le seul à avoir voulu mettre son expérience au profit des autres indépendants. A Anderlecht, trois associés ont investi 250 000 euros dans Co-oking, une cuisine professionnelle, ouverte 24h sur 24h. Leur cible ? Des cuisiniers, traiteurs et autre pâtissiers qui n’ont pas encore les reins suffisamment solides pour s’offrir une cuisine aux normes. " A l’époque où j’étais cuisinier, on me demandait souvent pour des événements ou du catering mais je n’avais pas d’infrastructure, se souvient Cédric Le Goupil, l’un des trois fondateurs. Donc, je me suis dit un jour que ce serait bien de monter une cuisine professionnelle partagée pour des gens qui en ont besoin de manière ponctuelle ou régulière. "

Laura Matthys et Quentin Huegaerts sont de ceux-là. Elle est bioingénieure et donne cours. Lui est entrepreneur dans la rénovation de bâtiments. Tous deux se sont mis à mi-temps et ont pris un statut d’indépendant complémentaire pour réaliser leur rêve : cuisiner. Ils ont créé N’oublie pas le souper, un site internet qui propose aux particuliers trois plats bio et sains.  Un jour par semaine, ils occupent une partie de la cuisine de Co-oking. " On a ici la possibilité de tester notre activité petit à petit… parce que sauter le pas en une fois, ça fait toujours un peu peur ", explique Laura.

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