Noir Jaune Blues, et après? à Verviers: pour Abdelilah, pas question de s'apitoyer

Noir Jaune Blues, et après? à Verviers: pour Abdelilah, pas question de s’apitoyer
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Noir Jaune Blues, et après? à Verviers: pour Abdelilah, pas question de s’apitoyer - © Sylvain Piraux - LESOIR

“Les musulmans ne sont pas bien intégrés”? 70% d’adhésion. “Les musulmans menacent notre identité”: 63%. " Nous sommes de plus en plus envahis ", 66%. Attablé devant un thé fumant, Abdelilah poursuit impassible les principaux résultats de l’étude Noir Jaune Blues, avant de repousser le document. Las mais guère surpris. "La télé en particulier et les médias en général lobotomisent les gens."

Pour cet agent de sécurité, rencontré sur un terrain de foot, les mauvais réflexes de l’info sont lourds de conséquences. Un exemple ? A chaque fusillade, les tueurs de masses sont catégorisés comme dérangés lorsqu’ils sont blancs mais terroristes s’ils sont étrangers ou musulmans, observe le trentenaire. "Or prenez les gars qui sont partis en Syrie, ici. Je travaillais comme portier à l’époque à Liège et je les voyais régulièrement passer tout bourrés. Cela n’a rien à voir avec l’islam."

Attention cependant : la responsabilité des médias c’est une chose, mais pas question de s’apitoyer.

"On a vite fait de se victimiser, de se présenter comme discriminé, mais du travail, il y en a. Après, si le gars débarque en training – basket à son entretien d’embauche et qu’en plus il vient d’Hodimont. C’est sûr, ce sera compliqué." Lui a un temps travaillé comme délégué commercial et prof de gym, il a un temps rêvé de la police. Ce boulot d’agent de sécurité à Mediacité, à Liège lui plaît bien. " Les gamins sont pourris par leur envie de consommation. Ils veulent avoir tout, tout de suite : la voiture, les fringues, le smartphone... Tout le monde veut cela. Moi aussi je veux cela ! Mais il faut s’en donner les moyens, travailler pour."

La société gagnerait à être plus ferme, estime Abdelilah : moins de laxisme sur la délinquance mais plus d’aides sociales pour la réinsertion. "J’ai l’impression que les gars qui sortent de prison ont de quoi se plaindre, pour le coup. Beaucoup n’ont plus forcément la famille pour se retourner, se retrouvent seuls, sans perspective et replongent." Il loue le travail de la police locale.

Filer droit, il le doit à ses parents. Education stricte, horaires cadrés… Une discipline qu’il essaie aujourd’hui de transmettre aux jeunes dans ses cours de taekwendo, à la mosquée, et de mini-foot. "On est quand même chanceux de vivre dans ce pays, on a plein d’opportunités, pas vraiment de raison de se plaindre."

 

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