Noir Jaune Blues, et après ? à Verviers : "Debouny", la mémoire d'Hodimont

NJB Verviers Hodimont - Jacques Orniel
NJB Verviers Hodimont - Jacques Orniel - © Sylvain Piraux - LESOIR

Son nom, c’est Jacques Orinel, mais tout le monde l’appelle Debouny, comme son grand-père. Et comme l’enseigne au-dessus de son magasin de chaussons et souliers. Avec 140 ans au compteur, la boutique est la plus ancienne du quartier populaire d’Hodimont, à Verviers. Lui, en est la mémoire vivante.

Accent 100% local, verbe truculent, il prévient: "Vous allez faire le buzz avec une vidéo de moi".  Comment dire non?

"Je suis la troisième génération dans ces murs. Il n’y aura pas de quatrième", annonce l’octogénaire en allant retirer le volet en bois de la porte du magasin. "J’adore ce volet, très typique. C’est assez symbolique car quand je le tire, je pense à mon grand-père qui faisait le même geste." Avant de reprendre la boutique familiale, il a travaillé dans l’industrie lainière "à l’époque où il y avait encore une industrie lainière…"

"Je suis le dernier commerçant belge de la rue. Ce qui n’est pas forcément un mal, hein, juste une évolution. Le quartier a toujours été en transformation." Aujourd’hui, alors que les politiques "ont tué le centre-ville", il apprécie qu’Hodimont soit resté vivant et dynamique.

"Ce qui est dramatique, c’est l’image que les médias en donnent. On a donné à Hodimont une réputation d’insécurité totalement injustifiée." Il raconte l’histoire de cette cliente des beaux quartiers venue acheter une paire de chaussures de randonnée – "Je suis réputé dans la région" – "Tu te rends compte des efforts que je fais pour venir chez toi, elle dit toute paniquée. Elle avait peur. Même de juste passer en voiture. Je lui ai raconté qu’elle n’avait pas idée, que la dernière fois, j’avais même vu une tête rouler dans la rigole, devant le magasin. Elle m’a cru!!!!"

Pour sortir des constats, il y a cette question que l’on pose souvent: que feriez-vous si vous étiez Premier ministre? Votre toute première mesure? "Démissionner!" Rigolard, puis sérieux. A peu près. "Il y a une inégalité dans les revenus qui commence tout de même à être tout à fait anormale. On se croirait au Moyen-Age."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK