"No future" : le changement climatique génère de l’anxiété et du stress chronique chez deux tiers des jeunes de la planète

L’anxiété des jeunes liée aux changements climatiques est un phénomène global, partagé par la jeunesse de pays du Nord comme du Sud de la planète. C’est le résultat inquiétant d’une vaste étude de l’Université de Bath (UK), approuvée pour publication dans la revue The Lancet Planetary Health et relayée par Le Monde. Les auteurs ont collecté des données auprès de 10.000 jeunes gens de 16 à 25 ans. Les jeunes ont été invités à intervalle régulier à compléter des enquêtes, entre le 18 mai et le 7 juin 2021. Ils étaient au courant de la durée de l’enquête, mais n’en connaissaient pas le sujet. 

Au total, 15.543 jeunes ont démarré l’enquête, et 68% ont été jusqu’au bout. Ils étaient originaires de dix pays (Royaume Uni, Finlande, France, USA, Autriche, Portugal, Brésil, Inde, Philippines, Nigeria). Le questionnaire a été élaboré par 11 experts internationaux en émotions liées au changement climatique, en psychologie clinique et environnementale, psychothérapie, et autres spécialités concernées par la question de l’anxiété liée au climat.

60% de jeunes "très" ou "extrêmement" inquiets

Les résultats montrent une majorité de jeunes exprimant des sentiments négatifs, d’anxiété ou d’inquiétude, par rapport au changement climatique : près de 60% se sont dits "très" ou "extrêmement" inquiets, et 45% affirment que leurs sentiments à propos du climat affectent négativement leur vie quotidienne. Cette expression était plus présente dans les pays plus pauvres, du Sud, et plus affectés directement par le changement climatique. En Europe, c’est le Portugal (qui a connu une augmentation d’incendies dramatiques en 2017), qui est le pays où les jeunes ont manifesté le plus haut niveau d’inquiétude.

Le futur est effrayant. L’humanité est foutue

Plus de la moitié des répondants ont exprimé tout une gamme d’émotions négatives, comme la peur, la tristesse, l’anxiété, la colère, l’impuissance, ou la culpabilité. Les émotions les moins souvent rapportées étaient l’optimise et l’indifférence. Trois quarts (77%) des sondés ont déclaré que le futur était effrayant. Parmi ceux qui disent avoir échangé avec d’autres personnes à propos du changement climatique, près de la moitié (48,4%) a déclaré que les autres les ont ignorés ou remballés. Les sentiments exprimés varient selon les pays, mais sont clairement présents dans toute la population.

Sentiment de trahison politique

L’action des gouvernements est évaluée négativement. Dans tous les pays, les participants ont relaté plus de sentiments de trahison que de réassurance. Là aussi, il y a des différences importantes selon les pays. Les chercheurs ont aussi noté une corrélation entre les sentiments négatifs, d’inquiétude à propos du climat, et les sentiments de trahison ou émotions négatives à l’égard de la réponse gouvernementale.

La santé mentale affectée

En conclusion, les auteurs estiment que de tels niveaux de détresse, ces sentiments de trahison vont inévitablement avoir un impact sur la santé mentale des enfants et des jeunes. L’anxiété climatique n’est pas en soi une maladie mentale, mais on est bien face à des stresseurs à long terme, et potentiellement inéluctables. La santé mentale des jeunes pourrait donc bien se dégrader. Les gouvernements sont prévenus, à quelques semaines de la Cop 26, à Glasgow : l’inaction ou l’inadéquation de leurs réponses seront aussi responsables de cette dégradation.

Les résultats de l'étude sur l'anxiété climatique chez les jeunes :

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