New York: 141 pays réunis pour mieux protéger les océans

L'avenir de la haute mer se joue en ce moment à New York. Les États ont entamé une première série de discussions pour se doter d'un cadre juridique sur la protection et l'exploitation de la biodiversité des eaux internationales.

"Actuellement, chaque État qui a un bord de mer est responsable de la gestion et de l'exploitation de ses propres ressources. C'est ce qu'on appelle la zone ZEE, la zone économique exclusive, et ça s'étend de la côte jusqu'à 270 kilomètres au large. Les pays peuvent un peu échanger ces ressources que chaque pays gère mais, au-delà de cette zone, chacun fait un peu ce qu'il veut. Cette session de New York sera suivie de deux autres sessions en 2019 et en 2020 pour rédiger un traité sur la haute mer. Alors qu'est-ce qu'ils vont faire ? En principe, ils vont se mettre autour de la table, 141 pays, pour discuter et mettre à plat ce qui se passe dans ces hautes mers, pour tenter d'augmenter les zones qu'on appelle 'aires marines protégées', donc des zones où on ne peut rien faire" explique Sylvie Gobert, professeur d'océanographie biologique à l'Université de Liège, interrogée sur La Première.

Ressources

Il s'agit de "zones où en principe l'écosystème peut un peu se ressourcer, se reposer, pour fournir à nouveau les zones qui sont aux alentours. L'idée, c'est aussi de réguler les accès aux ressources génétiques, que ce ne soient pas que les grandes puissances qui aient accès à ces organismes qui produisent tout ce que nous utilisons en médecine, en cosmétique, et qui peuvent aider beaucoup de populations. Également, réglementer encore plus la pêche, et surtout les activités extractives, tout ce qui est ressources minières, etc. Et également de tenter de réduire les impacts de l'homme sur les changements climatiques", poursuit-elle.

Il faut rapidement encadrer l'exploitation de ces zones, parce qu'elles regorgent de richesses qui ont longtemps été ignorées. "Cette haute mer, c'est quand même 90% du volume de nos océans. C'est toute la colonne d'eau, avec tous les organismes qui y vivent, tous les poissons, toutes les algues, le phytoplancton, le sol et le sous-sol. Donc effectivement, il y a plein d'organismes et plein de substances que nous pourrions tirer pour les utiliser en médecine, ou en cosmétique, par exemple. Donc ce sont toutes des substances qui permettent à l'homme d'évoluer et d'utiliser ces ressources pour mieux vivre" souligne Sylvie Gobert.

"Injustice flagrante"

Aujourd'hui, c'est le premier arrivé qui est le premier servi. Si quelqu'un trouve un ADN, il peut le déposer directement, comme si c'était une invention ou un brevet. "Et ce sont évidemment les plus riches, les plus rapides, qui ont tout. Donc les pays pauvres, ou les pays qui n'ont pas accès à la côte sont les plus démunis. C'est une injustice flagrante, il faut réglementer cet accès avant que tout le monde n'aille dépouiller, le premier, ce qui l'intéresse" dit-elle.

Concernant la pêche, l'idée serait de "réglementer les zones et les espèces à la fois, et ne pas parler que d'un cas en particulier, de faire une réglementation beaucoup plus générale".

Même si, avec ses 70 kilomètres de côte, la Belgique est toute petite, elle "est quand même la vingtième flotte mondiale de la marine marchande, il faut le souligner. La Belgique va évidemment prendre une part active à ces réunions. Nous sommes déjà, au niveau européen, inclus dans des réglementations, mais bien sûr, on est tous d'accord pour dire que l'état de la haute mer, il faut la réglementer, et de manière urgente".

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